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Rwanda

Rwanda: le RNC et les FDLR condamnent les récentes arrestations

Kizito Mihigo s'adresse aux médias à Kigali, le 15 avril 2014, après l'annonce de son arrestation la veille.
© AFP PHOTO / STEPHANIE AGLIETTI

Ce lundi 21 avril, le chanteur populaire Kizito Mihigo devrait être présenté pour la première fois à la justice. Ce rescapé du génocide est accusé, aux côtés de trois autres personnes dont un journaliste, d’avoir fomenté une attaque à la grenade au Rwanda et d’avoir eu pour objectif de renverser le gouvernement.

Les actions qui leur sont reprochées, les quatre accusés les auraient menées en lien avec le Congrès national rwandais (RNC), le parti d'opposition en exil de Patrick Karegeya retrouvé assassiné en janvier dernier, et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les rebelles hutus rwandais dont certains membres sont accusés par Kigali d'être des génocidaires. Les deux mouvements condamnent ces arrestations, démentent que les accusés sont parmi leurs membres, et rejettent toute participation à ces attaques à la grenade.

Ce n'est pas la première fois que le RNC et les FDLR sont accusés et qu'ils démentent. Fin janvier, un procès dit « de la terreur » s'était ouvert à Kigali. Il devrait prouver, selon le ministre rwandais de la Défense, la collusion du RNC et des FDLR, ainsi que leur culpabilité. Finalement, après quelques jours, la cour militaire avait décidé de reporter la suite des audiences au mois de mai, les principaux accusés refusant de collaborer avec elle, affirmant avoir été kidnappés en Ouganda et torturés.

Le RNC accuse le gouvernement rwandais d'être derrière certaines de ces attaques à la grenade. Des attaques qui serviraient d'excuse aux autorités, selon ce parti, pour s'en prendre à des opposants ou des activistes. « D'autres chefs de parti d'opposition comme Victoire Ingabire, Bernard Ntaganda et Deo Mushayidi ont aussi été accusés de ça en leur temps », explique le porte-parole du RNC, Jean Paul Turayishimye, ajoutant que ces accusations serviraient de diversion. « Le procès de la terreur a clairement été organisé pour justifier l'assassinat de Patrick Karegeya », a-t-il accusé.

Les FDLR ne mettent pas en cause directement Kigali dans ces attaques. Mais ils parlent des comportements totalitaires, de tactiques terroristes... L'arrestation de Kizito Mihigo ne serait qu'une manifestation de plus, selon eux, des efforts du gouvernement rwandais pour « réduire au silence ceux qui refusent d'adhérer à son agenda sectaire et anti-démocratique ». Dans ce communiqué, le chanteur est présenté comme une personnalité éprise de justice et d'égalité entre tous les groupes ethniques.

Pour rappel, dans sa dernière composition, Kizito Mihigo avait évoqué non seulement les victimes du génocide, mais celles des crimes dont est accusé le FPR. « Même si le génocide m'a rendu orphelin, cela ne m'a pas fait perdre toute empathie pour les autres », chantait l'artiste rwandais.

→ À (RE)LIRE : Le Rwanda en émoi après l’arrestation de Kizito Mihigo

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