Soudan du Sud: les rebelles gagnent du terrain dans l’Etat de l’Unité

Un soldat sud-soudanais loyaliste du SPLA, à Bentiu, dans l'Etat de l'Unité, le 12 janvier 2014.
© Reuters/Andreea Campeanu

L'armée sud-soudanaise enchaîne les revers dans l'Etat pétrolier d'Unité, dans le nord du pays, à la frontière avec le Soudan. Après avoir pris Bentiu, la capitale, les rebelles affirment avoir conquis d'autres positions stratégiques, notamment des champs pétroliers. Le pouvoir accuse des groupes venus du Soudan de participer aux combats.

Les rebelles marquent des points et se placent en position de force si les pourparlers, ajournés le 8 avril, reprennent à Addis-Abeba. Le chef des rebelles, Riek Machar, ne l'a pas caché. L'offensive actuelle de ses hommes vise à prendre le contrôle des champs pétroliers. Ainsi, forts de leur victoire à Bentiu, ils poursuivent leur avancée. Ils auraient notamment conquis le conté de Leer, les champs pétroliers de Mirmir, de Tharjiath et même la ville de Mayom, l'unique voie pour rejoindre Bentiu par l'Ouest. Une série de défaites embarrassante pour le pouvoir qui tire 95 % de ses revenus de la manne pétrolière.

Le gouvernement accuse des Janjawid

Le porte-parole de l'armée loyaliste, le colonel Philip Aguer, affirme que les troupes gouvernementales sont toujours en périphérie de Bentiu et qu’elles sont prêtes à reprendre la ville. S’il nie la perte de tous les champs pétroliers de l'Etat, il reconnaît cependant des attaques rebelles continues depuis jeudi, et accuse des groupes armés soudanais d’être à la manœuvre. « L'attaque rebelle a été soutenue par des Janjawid. Une milice arabe du gouvernement soudanais connue notoirement pour avoir commis des atrocités au Darfour. Ils étaient aidés par un autre groupe arabe de la tribu Misséria, appelée Al Shahama, qui est armé par Khartoum », affirme le colonel Philip Aguer. « Les rebelles se sont entraînés côté soudanais, près de la frontière », ajoute-t-il, soulignant cependant qu’il ne « peut pas dire si le Soudan soutient directement les rebelles. Cette question nécessite de nouvelles investigations et analyses ».

→ A (RE)LIRE : Soudan du Sud: attaque rebelle contre la ville pétrolière de Bentiu

Cette déstabilisation pilotée par Khartoum reste à confirmer. Mais les experts estiment le scénario plausible. En effet, le président soudanais Omar el-Béchir et son homologue ougandais Yoweri Musévéni, sont de vieux rivaux depuis la guerre civile. Or, l'Ouganda appuie officiellement le pouvoir sud-soudanais. Enfin, la manne pétrolière du Soudan du Sud est vitale pour Khartoum, qui en tire une redevance indispensable pour son économie.

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