Bouteflika réélu: comment sera désormais dirigée l'Algérie?

Abdelaziz Bouteflika avec, à gauche, son jeune frère et principal conseiller, Saïd, lors du vote du 17 avril.
© AFP PHOTO / FAROUK BATICHE

La parenthèse de l’élection présidentielle algérienne est en train de se refermer. Même si le Conseil constitutionnel doit encore annoncer les résultats officiels du scrutin, le quatrième mandat du président est déjà lancé. Quelques questions s'imposent : Abdelaziz Bouteflika ira-t-il au bout ? Préparera-t-il sa succession dans les prochains mois ? Et si oui, comment ?

Rien n’a encore filtré sur la forme que prendra le quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Mais l’hypothèse de la nomination d’un vice-président, qui a circulé ces derniers mois, ne semble plus d’actualité. Elle n’a même jamais été envisagée par le président, assure Louisa Hanoune, présidente du Parti des travailleurs, arrivée quatrième lors du scrutin. « A ma connaissance, il n'a jamais été question pour lui de désigner un vice-président, confie Mme Hanoune. J'ai eu l'occasion d'en discuter avec lui. Ce sont des partis qui parlent de ça, des responsables de partis politiques qui rêvent peut-être d'être vice-président, des personnalités qui rêvent, voilà... Mais lui, il n'a jamais pensé à ça. »

Nacer Djabi évoque l'hypothèse Saïd Bouteflika
21-04-2014 - Par Marie-Pierre Olphand

Abdelaziz Bouteflika a un égo trop fort pour partager son fauteuil de président, explique de son côté Nacer Djabi, professeur de sociologie politique. S’il accepte d'être secondé par quelqu'un, dit-il, ce ne peut être que par Saïd Bouteflika, son jeune frère, qui est aussi son plus proche conseiller depuis des années. « Une solution qui peut être envisagée, c'est un retour vers le prince héritier, Saïd Bouteflika. Si on commence à le faire valoir, à le commercialiser dans quelques jours, ça voudra dire qu'on est dans cette hypothèse. Je crois qu'après le coup de force des élections, tout est possible en Algérie », anticipe le sociologue.

Selon Nacer Djabi, rien n’est encore tranché, mais il y a urgence, expose-t-il. L'arbitrage au plus haut niveau de l’Etat devra forcément se faire dans les mois à venir… A moins qu’entre-temps, ajoute le sociologue, le système n’implose.


■ RÉACTION : L'UA se dit satisfaite de la tenue du scrutin

A contre-courant de la presse algérienne et des réclamations de trois des candidats, l'Union africaine - qui avait déployé 200 observateurs dans toutes les régions d'Algérie pour le scrutin - se félicite du bon déroulement du vote du 17 avril. L'UA estime que la transparence était au rendez-vous, comme le confie Dileita Mohamed Dileita, ancien Premier ministre djiboutien et chef de la mission d 'observation de l’Union :

« En général, nous pouvons dire que nous avons été satisfaits du déroulement des élections. Nous avons vu que, par rapport à d'autres élections qu'il y a eu ici en Algérie, une amélioration importante a été réalisée par les autorités algériennes. Bien sûr, nous avons fait des observations, à savoir que dans certains bureaux, il n'y a pas eu pour les personnes à mobilité réduite de dispositions prises. Nous avons bien sûr signalé ça aux autorités.

Nous avons également fait une observation pour dire qu'il serait préférable qu'il y ait un bulletin unique, parce que nous avons vu beaucoup d'enveloppes vides, des papiers blancs. Certaines enveloppes comportaient les noms des six candidats pour montrer leur mécontentement. Ce sont des revendications d'ordre administratif que nous avons fait. Mais sur le plan de l'organisation, nous ne pouvons que nous féliciter. »

Tous les PV ont été signés par les représentants des partis politiques. Les représentants de Benflis les ont signés, nous avons les copies. Alors s'il y avait des remarques à faire, il fallait les faire sur ces documents

Dileita Mohamed Dileita, représentant de l'UA
21-04-2014 - Par Marie-Pierre Olphand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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