Sénégal: le grand retour d’Abdoulaye Wade au pays

Abdoulaye Wade, peu après sa défaite à la présidentielle, en mai 2012.
© AFP PHOTO / SEYLLOU

Président de la République du Sénégal de 2000 à 2012, Abdoulaye Wade vit depuis en France. Après deux ans d’absence, il se rendra mercredi 23 avril à Dakar. Vingt-deux mois après sa défaite à la présidentielle, et alors que son fils Karim est détenu depuis un an, l'ex-chef de l'Etat, 87 ans, a préparé sa venue au Sénégal en accordant notamment un entretien au journal français Le Monde.

C'est dans la posture de l'opposant politique, du défenseur des droits qu'il a longtemps été, que se présente Abdoulaye Wade dans cette longue interview accordée au quotidien Le Monde. Il veut tout d’abord défendre son fils Karim avec ce nouvel argument : « Si Macky Sall a mis mon fils en prison, c'est parce qu'il voyait en lui le seul rival capable de l'affronter », explique l'ex-avocat, réputé pour ses plaidoiries.

Comme à la tribune d'un meeting politique, dans chacune de ses réponses Abdoulaye Wade tacle l'actuel président sénégalais. « Macky Sall est conscient de la dégradation politique, économique et sociale du Sénégal », déclare-t-il avant d'ajouter, pour défendre son bilan : « Mon retour est hautement politique, les Sénégalais ont comparé le régime actuel avec le mien et ont tiré les conclusions qui s'imposent. »

Ce retour au pays, c'est aussi l'occasion de relancer le Parti démocratique sénégalais.
« Le PDS est le parti majoritaire, même s'il est dispersé du fait de l'absence d'un leader capable de fédérer tout le monde », déclare l'ex-chef de l'Etat, qui imagine sans doute son fils Karim passer de la prison à la tête du PDS.

Si M. Wade affirme avoir dépassé l'âge pour avoir de l'ambition politique, la bataille avec Macky Sall est pourtant bien lancée. L'actuel président appréciera sans doute cette dernière pique du « gorgi », du « vieux » comme on le surnomme à Dakar. « Je vais lui dire que je ne souhaite pas qu'il y ait un affrontement pour le pouvoir au Sénégal, mais que, pour cela, la démocratie doit revenir », avertit Abdoulaye Wade dans l'entretien.

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