Soudan du Sud: des «centaines» de civils massacrés par les rebelles

Des civils sur un marché de Bentiu, le 22 mars 2014.
© AFP PHOTO/Ivan LIEMAN

Les troupes de l'ancien vice-président sud-soudanais Riek Machar ont massacré des « centaines » de civils mi-avril sur des bases ethniques dans la localité de Bentiu, la capitale de l'Etat d'Unité, affirme l'ONU dans un communiqué ce lundi 21 avril.

Les enquêteurs des Nations unies ont reconstitué les faits qui se sont produits suite à la reprise de la ville de Bentiu par les dissidents de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) les 15 et 16 avril derniers. Ils expliquent qu'en entrant dans la ville, les rebelles ont cherché les endroits où les civils étaient cachés, et qu'ils en ont tués des centaines « après avoir déterminé leur ethnicité ou leur nationalité », a expliqué la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss).

A l'hôpital de Bentiu, par exemple, des hommes, des femmes et des enfants de la communauté nuer ont été tués parce qu'ils refusaient de sortir acclamer les rebelles lors de leur entrée dans la ville. Des individus des autres communautés sud-soudanaises et des Darfouris ont été mis à l'écart et massacrés.

Par la suite, les rebelles sont entrés dans la mosquée de Kali-Ballee où des civils avaient trouvé refuge, ils ont séparé les individus selon leur nationalité ou leur groupe ethnique. Les uns étaient escortés en lieu sûr, les autres tués. L'ONU parle d'au moins 200 morts et 400 blessés rien que pour cette mosquée. Le tri et les mises à mort se sont poursuivis ensuite à l'église catholique, où d'autres civils avaient trouvé refuge.

Des appels à la haine

L'ONU condamne ces violences ciblées. Elle dénonce également les appels à la haine qui ont été lancés sur Radio Bentiu par certains leaders de la rébellion, des messages appelant par exemple à commettre par vengeance, des viols ciblés ethniquement.

La mission de l'ONU au Soudan du Sud dit qu'elle est parvenue à extraire plusieurs centaines de personnes de lieux où elles risquaient d'être également prises pour cible. Elles sont 12 000 à se masser à l'heure actuelle dans le périmètre de sa base à la recherche de protection.

Les troupes du camp de l'ancien vice-président du Soudan du Sud Riek Machar affrontent l'armée gouvernementale depuis le 15 décembre. Les combats, qui ont fait des milliers de morts depuis le début du conflit, s'accompagnent régulièrement de massacres à caractère ethnique.