La Gambie ferme ses frontières avec le Sénégal

D'après un analyste, le président «Yaya Jammeh veut montrer que les problèmes de la Transgambienne impliquent des discussions d’Etat à Etat.»
© AFP PHOTO / Seyllou

La fermeture est effective depuis le 19 avril, sans raison officielle. La situation est à nouveau tendue depuis plusieurs mois. Jusqu'à la semaine dernière, les transporteurs sénégalais avaient boycotté la Transgambienne qui permet la traversée entre le nord du Sénégal et la Casamance en raison d'une augmentation des frais de passage.

Le contentieux porte sur les frais de traversée d'un fleuve qui se trouve sur la route Transgambienne, Banjul avait décidé d'imposer le paiement du ticket en francs CFA et non plus en monnaie locale, ce qui est défavorable aux transporteurs sénégalais.

Peu d’informations circulent sur les raisons de cette mesure de fermeture des frontières. Côté gambien, certaines sources lient cette fermeture à des questions de sécurité. Tout le week-end, explique-t-on à Banjul, le président Yaya Jammeh était en tournée à l’intérieur du pays avec l’ensemble de son gouvernement.

Même mutisme côté sénégalais. Mis devant le fait accompli, seuls les transporteurs dénoncent depuis deux jours cette mesure. Malgré des divisions internes sur leurs revendications, ces derniers affirment avoir décroché un accord de principe avec Banjul la semaine dernière. Cet accord était censé mettre fin à plus de quatre mois de blocus sur la traversée de la Transgambienne.

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Il faut dire que ce boycott, initié par les routiers sénégalais, a profondément paralysé l’économie casamançaise en entravant la circulation des marchandises et en complexifiant la mobilité des personnes.

Côté gambien, on reprocherait à Dakar son manque d’implication dans les discussions autour de cette crise. « Cette fermeture de la frontière est une réaction à l’inaction de l’Etat sénégalais, ironise un analyste joint par RFI. Yaya Jammeh veut montrer que les problèmes de la Transgambienne ne se règlent pas seulement avec une corporation mais que cela implique des discussions d’Etat à Etat ».

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