La cartographie de l’épidémie d’Ebola est en ligne

Des membres de Médecins sans frontières transportent le corps d'une des victimes de l'Ebola, à Guékédou, en Guinée, le 1er avril 2014.
© AFP PHOTO / SEYLLOU

L’épidémie de fièvre hémorragique due au virus Ebola en Guinée est suivie à la trace par les internautes volontaires d'Openstreetmap qui cartographient les régions du pays les plus touchées, afin d’aider les soignants à se repérer sur le terrain, en localisant les différents foyers d'infection.

Il n'existe aucun traitement ou vaccin contre la fièvre Ebola, qui se transmet par contact direct avec le sang ou les tissus biologiques des sujets infectés, qu’ils soient humains ou les animaux, vivants ou morts. La seule parade possible consiste à isoler les malades afin de limiter la propagation du virus mortel.

Quand les équipes de Médecins sans Frontières (MSF) sont arrivées en Guinée en février dernier, aucune carte correcte de la région n'était à leur disposition, pas même sur Google Map où les images satellites de la Guinée, affichaient des zones floues de couleur beige et jaune. Guéckédou, une ville de 220 000 habitants, située en plein cœur de l’épidémie, montrait à peine les contours des bâtiments.

OpenStreetMap au travail

A la demande de MSF, une équipe composée d’humanitaires et d’internautes du service OpenStreetMap, a réussi à cartographier la ville « en moins d'un jour », en localisant avec précision les différents cas de fièvre hémorragique et retraçant les contours de toute la région.

→ Voir la carte d'OpenStreetMap

OpenStreetMap est le nom du projet international fondé en 2004 qui a comme objectif de créer une carte en accès libre de toute la planète et sur le web. Des contributeurs bénévoles collectent des données provenant du monde entier, comme les routes, les voies ferrées, les rivières, les forêts, les bâtiments et dressent des cartes quand il le faut ! Toutes ces informations sont réutilisables sous une licence libre sur internet.

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Une carte élaborée en quelques jours

Dans le cas de la Guinée, la réactivité de la communauté OpenStreetMap a été impressionnante avec plus de 300 volontaires qui en 10 jours ont ajouté aux cartes numériques vides, 1,2 million d'objets identifiables comme des ponts, des indications sur la nature du terrain, plus de 150 000 bâtiments et documenté environ 5 000 lieux.

Le fléau Ebola touche maintenant la Sierra Leone et le Liberia. Ces pays ont déjà signalé à l'OMS des cas suspects de décès en rapport avec le virus. Les volontaires OpenStreetMap entreprennent depuis la cartographie des régions qui bordent le sud de la zone la plus touchée de la Guinée.

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Pour la ville de Guékédou, une ville de 220 000 habitants, il n’y avait pas de carte précise. Avec OpenStreetMap, on a réussi à mettre les images en ligne grâce aux fournisseurs d’images de la communauté vers 10 heures le matin. En fin d’après-midi, on commençait à avoir une cartographie de la ville. Le lendemain matin, Guékédou était entièrement cartographiée, les routes et même les bâtiments. Cela nous a permis d’avoir une cartographie très détaillée et de faire un meilleur travail sur le terrain avec les épidémiologistes.
Audrey Lessard, spécialiste des systèmes d’information géographique au sein de l'ONG cartONG
22-04-2014 - Par Nicolas Brousse