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Centrafrique

RCA: la classe politique s'oppose à une relocalisation des musulmans

Dans le quartier du PK12, un quartier occupé par des musulmans de Bangui.
© REUTERS/Siegfried Modola

En Centrafrique, la « relocalisation » des populations musulmanes menacées fait débat. Faut-il les déplacer dans des sites moins exposés aux anti-balaka ou miser sur une démarche de dialogue ? La classe politique semble quasi-unanime contre une relocalisation, même temporaire.

Difficile de trouver un homme politique centrafricain qui soutienne l'idée d'une relocalisation des populations musulmanes menacées. « Aujourd’hui, quand on dit qu’on déporte les musulmans sur une autre terre, ce n’est pas ramener la paix », considère ainsi Luc Guéla, du MLPC, le Mouvement de libération du peuple centrafricain. Pour Béa Bertin, le secrétaire général du parti Kwa Na Kwa, une relocalisation risquerait même de fragiliser l'unité du pays : « Vu les positions exprimées par certains dirigeants de l’ex-coalition Seleka, nous craignons que cela contribue de fait à une partition, d’où notre opposition à cela. »

Blaise Hotto Fleury, du RDC, le Rassemblement démocratique centrafricain pense que la hiérarchie des anti-balaka peut être mise à contribution pour calmer les violences. « Si cette échelle de commandement se mettait à travailler régulièrement pour demander à tous les éléments de la milice de ne pas s’attaquer à la communauté musulmane, sous peine de sanctions quelles qu’elles soient, je suis convaincu qu’on arriverait à une solution », dit-il.

Les différents acteurs politiques joints par RFI estiment que la meilleure solution pour protéger la communauté musulmane serait que les forces Misca et Sangaris appliquent strictement leur mandat et désarment les groupes qui sèment la terreur. Une position partagée par la plateforme des leaders religieux, qui rassemble protestants, catholiques et musulmans. Elle estime également que la relocalisation n'est pas une solution, qu'elle ne doit être utilisée qu'en cas de force majeure. La vraie solution, selon les religieux centrafricains, c'est la sécurisation des populations. L'imam Kobine Layama, le président de la communauté islamique centrafricaine, appelle ainsi les forces internationales à désarmer les groupes qui sèment la terreur, comme le stipule leur mandat. « Ces groupes-là ne sont nullement inquiétés dans leurs comportements, dans leurs déplacements, dans leurs actions, nulle part », dénonce-t-il.

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