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Afrique

Angola France

Visite historique du président de l'Angola en France

media Le président de l'Angola José Eduardo dos Santos entame une visite officielle à Paris mardi 29 avril 2014. Une visite évènement qui doit ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre Paris et Luanda. AFP PHOTO/ JOAO CORTESAO

Le président angolais José Eduardo dos Santos entame ce mardi 29 avril une visite officielle de deux jours en France. A midi, il doit se rendre à un entretien et à un déjeuner officiel à l’Elysée avec son homologue français, François Hollande. C'est la première visite en France du président Dos Santos depuis l'affaire des ventes d’armes russes à l’Angola - l’Angolagate - qui a éclaté en France à la fin de l'année 2000, avec des poursuites judiciaires contre l’homme d’affaires franco-brésilien Pierre Falcone. Un dossier qui a crispé les relations entre les deux pays.

Les relations entre les deux pays ont souvent été difficiles mais désormais, Paris souhaite « passer à une nouvelle étape ».

Il faut dire que le dernier épisode dans la querelle franco-angolaise ressemble plutôt à un pied de nez. Les autorités de Luanda ont effectivement décidé d'accorder à Pierre Falcone, sous contrôle judiciaire en France, le statut de conseiller diplomatique de leur délégation auprès de l’Unesco à Paris.

Pour Luanda, il fallait protéger Pierre Falcone qui a aidé l'Angola à acheter des armes à un moment où le pays en avait besoin pour sa survie, mais également passer un message de fermeté aux autorités françaises qui n'ont pas tenu leurs promesses dans « l'Angolagate ».

La France boudée

Dans cette affaire en effet, plusieurs personnalités politiques françaises, suspectées d’avoir été les bénéficiaires de commissions occultes, avaient été mises en cause et José Eduardo dos Santos s'était personnellement impliqué pour demander le retrait des plaintes. Depuis lors, le chef de l’Etat angolais boudait la France et notamment le sud où il avait l’habitude de passer ses vacances d’été.

Sur le plan économique, Luanda a également multiplié les menaces voilées concernant la poursuite du partenariat en matière de pétrole sans pour autant prendre des mesures de rétorsion contre Total, le groupe français, qui demeure dans ce secteur deuxième partenaire de l'Angola.

Lors de cette visite officielle en France, le président angolais s’entretiendra également avec le président de l’Assemblée nationale puis rencontrera des patrons de grandes entreprises françaises, des hommes d’affaires et des investisseurs représentant plusieurs secteurs d’activité. 


  ■ REACTION : quid de la question des droits de l’homme ?

Les ONG se mobilisent autour de la visite du président angolais en France. L’Acat, l'Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, demande aux autorités françaises d’aborder avec les autorités angolaises la situation critique des droits de l’homme dans le pays. Selon Clément Boursin, responsable Afrique à l’ACAT, « François Hollande et Laurent Fabius ne doivent pas sacrifier la question des droits de l’homme en faveur des bonnes relations économiques. »

Il y a un certain nombre de dossiers «droits de l'homme» qui font aujourd'hui défaut en Angola, notamment en ce qui concerne les violences sexuelles à l'encontre des Congolaises expulsées du nord [du pays] depuis décembre 2003...
Clément Boursin Responsable Afrique à l'Acat 29/04/2014 - par Boniface Vignon écouter

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