Nigeria: des lycéennes enlevées par Boko Haram acheminées au Cameroun

Chez les familles des jeunes filles enlevées, l'angoisse monte. Ici des mères lors d'une rencontre avec le gouverneur de l'Etat de Borno le 22 avril 2014.
© Reuters

Depuis deux semaines – jour pour jour - près de 190 lycéennes nigérianes sont aux mains de la secte islamiste Boko Haram. Officiellement, les forces de sécurité nigérianes ignorent où elles sont retenues mais plusieurs sources ont indiqué à RFI qu'un groupe de lycéennes avait été acheminé vers le Cameroun voisin. La secte Boko Haram y multiplie des incursions depuis des mois.

Plusieurs villageois ont indiqué avoir vu deux minibus suspects transporter des jeunes filles vers le Cameroun. Ils ont rapporté ce qu’ils avaient vu à des comités d'auto-défense qui ont ratissé ce week-end la forêt de Sambisa qui abrite un camp de Boko Haram.

Depuis, une source militaire haut placée, sous couvert d'anonymat, a confirmé l'hypothèse de l'acheminement d'une partie des lycéennes vers le Cameroun.

Selon les militaires nigérians, il est probable que Boko Haram ait séparé les lycéennes en plusieurs groupes en raison des difficultés à garder prisonnières et dans la discrétion un groupe de 187 lycéennes dans un même lieu.

Boko Haram dispose de bases arrière dans la province de l'extrême nord du Cameroun. Pour preuve, les affrontements meurtriers avec l'armée camerounaise, le mois dernier, près de Fotokol, et l'enlèvement de deux prêtres italiens ainsi que d'une religieuse canadienne dans la zone, au début du mois. Des journalistes nigérians - qui viennent d'accompagner en patrouille l'armée nigériane dans des zones contrôlées par Boko Haram - ont rencontré des détenus présumés membres de la secte qui sont originaires du Cameroun.

De bons connaisseurs de cette province camerounaise ont dit, à RFI, que des membres de Boko Haram s'y reposent, y stockent des armes et recrutent. Tout cela en dépit des déploiements de renforts militaires camerounais le long de la frontière avec le Nigéria le mois dernier.