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Centrafrique

Centrafrique: après l'attaque de Boguila, MSF suspend ses activités

Un médecin de MSF prend en charge un blessé à Bangui.
© REUTERS/Andreea Campeanu

En République centrafricaine, l'organisation Médecins sans frontières (MSF) a publié, lundi 28 avril, un communiqué dans lequel elle raconte ce qui s'est passé samedi à l'hôpital de Boguila, dans le nord-ouest du pays. A l'hôpital même, ce sont 16 personnes qui ont été tuées, dont trois membres de l'équipe humanitaire. L'attaque, selon MSF, a bien été menée par d'anciens membres de l'ex-Seleka et oblige l'organisation à suspendre ses activités à Boguila.

L'un des porte-parole de MSF Hollande raconte que les hommes armés sont entrés dans Boguila samedi en début d'après-midi. Une partie d'entre eux est restée dans la ville pour racketter les habitants présents au marché. Une autre partie s'est rendue à l'hôpital tenu par MSF pour tenter d'y trouver argent ou matériel.

Le bâtiment accueille à ce moment-là une quarantaine de leaders communautaires rassemblés pour une réunion sur l'accès aux soins. Les combattants - que MSF identifie comme des hommes de l'ex-rébellion Seleka - tirent des coups de feu en l'air. Ils s'approchent du lieu de la réunion et, sans raison apparente, tirent sur le groupe tuant et blessant grièvement certains de ses membres. Seize personnes sont mortes à l'hôpital, dont trois personnels locaux de l'ONG.

Suspension des activités

L’attaque « nous a obligés à réduire notre équipe et suspendre nos activités à Boguila », explique dans un communiqué Stefano Argenziano, l'un des chefs de mission de MSF en Centrafrique. Joint par RFI, Tarak Bach Baouab, conseiller humanitaire à MSF Hollande, raconte ce qui s’est passé à l’hôpital.

Tarak Bach Baouab
28-04-2014 - Par Laurent Correau

« En début d’après-midi, nous avions prévu de réunir des notables de a région pour discuter de l’accès à la santé pour les dizaines de milliers de personnes qui continuent d’être déplacées dans les régions rurales autour de Boguila. Durant cette réunion, une équipe d’hommes armés est arrivée et a encerclé l’hôpital dans lequel nous avions la réunion », a-t-il précisé.

« Leur objectif était d’organiser un hold-up de l’hôpital MSF. Nous n’avons pas tous les détails, mais il y a eu une fusillade dans une partie de l’hôpital où la réunion avait lieu. Lorsque cette équipe d’hommes armés s’est retirée de l’hôpital, nous avons donc trouvé seize civils assassinés qui incluaient trois membres de l’équipe nationale de MSF sur place, à Boguila », a ajouté le conseiller humanitaire à MSF Hollande.

« Ex-Seleka »

« Ces personnes qui ont tiré sur les civils et le personnel de MSF faisaient partie d’un groupe armé qui est rentré dans la ville en début d’après-midi. Une partie est restée dans la ville et a aussi essayé de soutirer de l’argent aux personnes présentes sur le marché, au centre de la ville. La deuxième équipe s’est dirigée vers l’hôpital. Nous pensons que ce sont des hommes que l’on appelle ex-Seleka, donc associés à l’ancienne rébellion qui avait pris le pouvoir en 2013 dans le pays », a expliqué, à RFI, Tarak Bach Baouab, conseiller humanitaire à MSF Hollande

L'hôpital tenu par Médecins sans frontières fournissait des soins de santé à plusieurs milliers de personnes. Entre 9 000 et 13 000 consultations y étaient délivrées par mois. L'établissement servait également de centre de référence pour sept centres de santé autour de Boguila.

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