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Mali

Le Premier ministre malien Moussa Mara appelle au «sursaut national»

Le Premier ministre malien, Moussa Mara.
© AFP PHOTO/ HABIBOU KOUYATE

Un peu moins d'un mois après sa nomination par le président Ibrahim Boubacar Keïta, le nouveau Premier ministre malien, Moussa Mara a fait sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale, ce mardi 29 avril 2014. Un discours-fleuve où le chef du gouvernement a promis d'appliquer une politique qui va redonner au pays « sa dignité et sa fierté ».

L’allocution du Premier ministre a duré plus de deux heures. Il a notamment appelé à un sursaut national. « Jamais dans notre histoire, les Maliens n’ont eu si peu confiance en eux-mêmes a-t-il déclaré. Un sursaut national est plus que nécessaire ». On a donc vu un Moussa Mara qui part au travail.

Parmi ses objectifs, il s’agit, entre autre, de redonner confiance à l’armée malienne. Actuellement, 8 300 militaires maliens sont dans le Nord. « Il faut les former, les équiper », a également insisté le chef du gouvernement.

Et dans sa déclaration de politique générale, il a par ailleurs annoncé que son équipe allait relancer le dialogue avec les groupes armés du Nord. Il n'y a « pas de solution militaire au problème de la rébellion », a-t-il affirmé, ajoutant que les négociations devaient être menées « rapidement ».

110 milliards de francs CFA

Développement dans le domaine de l’économie, de l’école, d’agriculture, aide au retour des réfugiés, des personnes déplacées : près de 110 milliards de francs CFA seront consacrés à cette opération.

Moussa Mara s’intéresse par ailleurs à la vie quotidienne des Maliens. Actuellement, il fait extrêmement chaud à Bamako, 43°C. La desserte en électricité n’est pas totalement assurée. Et le Premier ministre a annoncé une aide de l’Etat de 30 milliards de francs CFA à la Société d’énergie et d’eau du Mali.


■ REACTION : Au Nord, le plan de réconciliation ne passe pas

Au Mali, les principaux groupes armés rejettent le plan du nouveau ministre malien de la Réconciliation. Ce plan annoncé dimanche vise à relancer le dialogue entre le gouvernement et les acteurs de la crise qui touche le Nord depuis deux ans, mais pour les groupes armés, il a été concocté de manière unilatérale et n'est pas crédible

Dans leur communiqué, les groupes armés dénoncent avec des mots très durs « un plan de pourrissement de la situation, qui risque, affirment-ils, de coûter très cher au Mali ». Pour les quatre groupes signataires, le ministre fait preuve d'un amateurisme qui révèle sa méconnaissance des règles de la diplomatie.

Si la figure du médiateur, Modibo Keïta, récemment nommé par Bamako, semble inspirer plutôt confiance, des craintes sur l'équipe qui va l'entourer et sur la représentation effective des populations du Nord.

Dans le nord du pays, la population s'impatiente
30-04-2014

« Ce plan reste flou, et on perd du temps, il faut très vite qu'un médiateur international soit nommé », insiste un membre du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), joint par RFI.

Autre point de friction, le lieu des discussions. Zahabi Ould Sidy Mohamed a invité les groupes armés à se retrouver dans un premier temps entre eux, en Algérie, pour harmoniser leur position. Or manifestement, les principaux intéressés n'ont pas été concernés et ils tiennent à rappeler que personne ne doit leur dicter où ils doivent mener leur réunion interne. Le ministre évoque dans un deuxième temps des négociations directes qui pourraient se tenir à Bamako.

Mais « négocier à Bamako c'est comme nous dire qu'il n'y aura pas de dialogue », assure un responsable du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) joint à Kidal. Même ton au MNLA, où l’on estime qu’« il faut discuter en terrain neutre ». Des critiques nombreuses qui laissent penser que le dialogue s'annonce difficile et qui illustrent aussi le manque d'estime qu'ont certains représentants des groupes armés pour le nouveau « monsieur réconciliation », lui-même ancien chef rebelle.

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