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Nigeria

Nigeria: grande manifestation en solidarité avec les lycéennes enlevées

Mères des jeunes lycéennes enlevées par Boko Haram, le 14 avril, lors d'une réunion avec le gouverneur de l'Etat de Borno, le 22 avril 2014.
© REUTERS/Stringer

Une grande manifestation est organisée demain mercredi 30 avril, à Abuja, capitale du Nigeria, en solidarité avec des 187 lycéennes qui sont retenues depuis seize jours. Elles ont été kidnappées dans le nord est du pays et sont sans doute entre les mains des combattants de la secte islamiste Boko Haram. « La marche des un million de femmes » est une initiative de plusieurs ONG nigérianes.

Les manifestants défileront devant les locaux du conseil national de la sécurité. Le cortège se rendra aussi au Parlement où les organisateurs doivent rencontrer les présidents des deux chambres et où ils liront une lettre. Au-delà de la solidarité, il s'agit aussi d'interpeller les autorités.

Les organisatrices de la marche leur demandent de mobiliser plus de moyens pour libérer les lycéennes car le temps passe et les forces de sécurité n'ont affiché aucun résultat tangible en quinze jours.

Le dossier des jeunes filles kidnappées est en passe, semble-t-il, d'être relégué au deuxième plan. Mais près de deux cent filles ont été kidnappées, et personne ne sait où elles se trouvent, plus de quinze jours après leur enlèvement ! Nous sommes préoccupés aussi parce qu'on ne sait rien de ce qui se passe. Des opérations sont peut-être en cours, mais les Nigérians ne sont pas suffisamment informés...

Hadiza Bala Usman
30-04-2014 - Par Nicolas Champeaux

Il y a une réelle crainte que le sort des lycéennes ne soit plus une priorité. Les associations à l'origine de la marche - des avocates, des magistrates, des membres d'organisations chrétiennes et musulmanes - ont bien compris que l'opération de libération était périlleuse et risquait de mettre en danger les lycéennes.

Cafouillages des autorités

« Dans ce cas, faisons appel à l'expertise d'autres pays », a suggéré une adhérente de l'organisation Femmes pour la paix et la justice, jointe par RFI.

Les organisatrices ont par ailleurs accepté que les autorités opèrent dans la discrétion pour des raisons de sécurité. Néanmoins, elles sont troublées par les multiples cafouillages dans la communication du gouvernement nigérian. Il a, dans un premier temps, minimisé le nombre de jeunes filles enlevées et ensuite, il a annoncé qu'une majorité s'était échappée, ce qui s'est révélé inexact.

Autant de doléances que les organisatrices de cette marche devraient transmettre aux présidents des deux assemblées parlementaires, au patron du conseil de sécurité national puis aux médias, en présence de plusieurs parents d'élèves kidnappées qui ont fait le voyage depuis l'Etat de Borno.

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