Les descendants des esclaves manifestent en Mauritanie

Une femme esclave dans le désert près de Chegar, en Mauritanie, en 1997.
© Getty Images

A Nouakchott, les Haratines, les descendants d'esclaves, se sont rassemblés, mardi 29 avril pour réclamer plus de droits. C'est la première manifestation publique organisée suite à la rédaction, l'année dernière, du Manifeste pour les droits politiques économiques et sociaux des Haratines censé dénoncer la marginalisation et l'exclusion des membres de cette communauté.

Selon les estimations de la presse, entre 2 000 et 3 000 personnes, dont des responsables de partis politiques et de la société civile, ont pris part à la marche. Ses organisateurs espéraient toucher les autorités pour que concrètement la situation des Haratines change. Samory Ould Bèye, une des figures de proue de la lutte pour l'émancipation sociale des Haratines en Mauritanie attend de cette marche qu'une « nouvelle option politique »soit définie.

Des « mesures draconiennes » doivent, selon lui, être prises, de manière à ce que « soient mises en chantier toutes les perspectives permettant à ce qu'ils recouvrent leurs droits. Demandant « quelque chose de concret », à la différence de la loi abolissant l'esclavage, « qui n'a pas été appliquée », Samory Ould Bèye demande enfin à l'Etat que les Haratines ne soient plus laissés « dans la précarité », « aux périphéries de Nouackchott et des grandes villes ».

Si plusieurs partis ont soutenu cette marche, l'APP, l'Alliance populaire progressiste, qui compte de nombreux Haratines dans ses rangs et l'IRA, l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste, se sont eux désolidarisés du mouvement.

« Feuille de route »

L'esclavage est officiellement interdit depuis 1981 en Mauritanie et depuis une réforme de la Constitution en 2012, sa pratique est considérée comme un crime. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d'esclavagisme encourent des peines pouvant aller jusqu'à 10 ans de prison. Début mars, Nouakchott a adopté une « feuille de route » pour l'éradication de l'esclavage, élaborée avec l'appui de l'ONU pour lutter contre
ce phénomène.

Mais d'après des ONG, le phénomène perdure néanmoins. A la fin du mois de décembre 2013, le gouvernement mauritanien a annoncé la création d'un tribunal spécial, chargé de juger les crimes d'esclavage, qui relevaient jusqu'alors des tribunaux ordinaires. Neuf mois plus tôt, il avait mis en place une agence nationale, chargée de financer des micro-projets en faveur des anciens esclaves.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.