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RCA Seleka

Centrafrique: les habitants de Markounda fuient les violences

Un village sur la route de Paoua, le 6 mars 2014, où des renforts de la Misca ont été dépêchés.
© AFP PHOTO / CARITAS INTERNATIONAL / MATTHIEU ALEXANDRE

Le bilan de la tuerie qui s'est produite le 1er mai dans la localité de Markounda à la frontière tchadienne pourrait s'élever à 30 morts selon des habitants de la localité contactés par RFI. Une vingtaine de corps ont déjà été identifiés. Une bande armée a attaqué cette localité après avoir mené ces derniers jours plusieurs raids meurtriers contre des villages de la zone. Elle a laissé derrière elle une ville vide de ses habitants.

Evrard Droukel est le secrétaire de la sous-préfecture de Markounda. Il était en ville lorsqu'une bande de plusieurs dizaines d'hommes armés a fait irruption jeudi dernier. Certains portaient des uniformes, d'autres des turbans autour de la tête afin qu'on ne les identifie pas. Rapidement ces hommes ont commencé à piller les maisons et à tuer de façon indiscriminée.

Evrard Droukel et les 15 000 habitants ont pris la fuite. Revenu sur les lieux, Evrard Droukel a constaté les dégâts. « On a dénombré une vingtaine de corps, d’autres ont été dévorés par les porcs. On n’a pas vraiment pu les identifier. »

Cette bande armée, qu'il dit être composée essentiellement de Peuls, a écumé plusieurs villages ces dernières semaines. « Ils ont commis les mêmes raids partout dans la sous-préfecture de Markounda. Plusieurs villages ont été incendiés, des gens abattus froidement comme à Markounda », témoigne le fonctionnaire.

Ils sont venus à cheval et à pied. Quand je suis arrivé on tirait un peu partout en l’air. Ensuite ils ont encerclé le village, ils ont commencé à mettre le feu aux maisons…
Evrard Droukel, secrétaire de la sous-préfecture de Markounda
02-05-2014 - Par Olivier Rogez

La bande est partie vers la localité de Bémal, à l'Ouest. Manifestement, elle cherche à rejoindre un autre groupe d'ex-miliciens selekas qui a, lui aussi, écumé une série de villages ces derniers jours. A Paoua, la sous-préfecture de l'Ouahm-Pendé, et plus importante ville de la zone, des renforts de la Misca ont été dépêchés.

→ A (RE)LIRE : Markounda attaquée par des assaillants venus du Tchad

Les autorités tchadiennes démentent formellement que des hommes armés aient pu franchir la frontière pour attaquer une localité centrafricaine. Les frontières du Tchad sont sécurisées, a réaffirmé le porte-parole du gouvernement à RFI.

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