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Liberté de la presse: une situation très disparate en Afrique

media Un homme lit la presse dans un café de Tanger, au Maroc. Gettyimage

Le 3 mai marque la journée mondiale pour la liberté de la presse. Sur le continent africain, on le sait, la liberté d'expression varie du tout au tout, entre une liberté totale et une absolue répression.

Sénégal : la dépénalisation des délits de presse en débat

Les médias sénégalais bénéficient d’une liberté d’expression considérable. Seulement, le secteur doit être assaini. Un code de la Presse a été élaboré il y a quatre ans et fait toujours l’objet de débat. Le président Macky Sall a annoncé une seconde relecture de ce texte à l’Assemblée nationale. Seulement ce qui fait blocage, c’est la dépénalisation des délits de presse, contenu dans ce code.

Au Sénégal, il n’y a pas de critère pour être journaliste. Il n’existe d’ailleurs pas de statistiques sur le nombre de journalistes exerçant la profession. Pour mieux encadrer tout cela, le nouveau code de la Presse définit des critères bien précis du statut de journaliste : il faut avoir fait une école reconnue par la profession, ou bien avoir une licence et avoir exercé pendant au moins deux ans dans une rédaction.

Ce texte prévoit d’assainir l’environnement des médias. Et surtout, une dépénalisation des délits de presse. Bacary Domingo Mané, directeur du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored), propose la création d’un tribunal des pairs pour juger les délits :

« Non seulement on va imposer une amende aux organes de presse, mais en plus, au lieu qu'un citoyen saisisse le tribunal de droit commun, nous l'encourageons plutôt à saisir le tribunal des pairs. Les sages vont entendre le journaliste, vont examiner si ce que l'on reproche au journaliste est vrai. Si c'est le cas, la sanction tombe. Celle-ci va de l'avertissement au retrait de la carte, retrait provisoire ou bien définitif. »

Mais ce texte dort dans les tiroirs, précisément parce qu’une bonne partie des députés s’oppose à la dépénalisation des délits de presse. Pour Moustapha Diakhaté, qui dirige la coalition Benno Bokk Yakaar, majoritaire à l’Assemblée, ce point viole le principe d’égalité des citoyens devant la loi. Ce député estime qu’il sera « difficile d’éviter des cas de diffamations et de diffusion de fausses information » avec une telle disposition.

Algérie : une liberté de ton qui n'est pas sans conséquence

En Algérie, les journaux ont une certaine liberté de ton. Mais la loi sur les délits de presse est sévère et prévoit des peines de prison et les autorités n’hésitent pas à l’utiliser. Le traitement de l’élection présidentielle a été l’exemple de cette dualité.

Des photos du président en robe de chambre à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris ou en fauteuil roulant le jour du vote en une, des titres comme « Il a osé », des articles sur le nombre de mots que le président devait prononcer lors de sa prestation de serment des dessins de presse qui représentent Abdelaziz Bouteflika inconscient ou sur un lit d’hôpital... De nombreux journaux algériens ont été très critique vis-à-vis du pouvoir au cours de la campagne électorale et n’ont pas éludé l’état de santé du président.

Mais cette liberté de ton, qui existe surtout dans la presse privée, ne parvient pas à dissimuler les nombreuses difficultés rencontrées par les médias au cours des derniers mois. Il y a d’abord eu la télévision AtlasTv, dont la diffusion s’est arrêtée du jour au lendemain après une perquisition de la gendarmerie. Ensuite, c’est le présentateur d’une émission de débat qui a été suspendu après avoir demandé à l’ancien Premier ministre s’il n’en faisait pas trop en estimant que Bouteflika était le roi des Algériens. Enfin, des journalistes d'El-Watan ont été poursuivis en voiture et attaqués alors qu’ils enquêtaient sur la fraude le jour de l’élection. Bien qu’ils aient identifié leurs agresseurs, l’enquête est au point mort.

Dans un message lu hier à la télévision par les présentateurs, le président Bouteflika a assuré qu’il veillerait à ce que la liberté de la presse soit libérée de toute restriction, à l’exception de celles prévues par la loi.

Webdocumentaire Kinshasa FM

Rwanda : une situation répressive

Selon Reporters sans frontières, le gouvernement rwandais est plutôt un mauvais élève en la matière. Dans ses derniers communiqués, l'organisation explique que les journalistes, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, sont victimes d'actes intimidations, et sont donc obligés de fuir, sont emprisonnés ou même parfois tués.

Un journaliste rwandais, Bob Mugabe, a décidé de boycotter les festivités, qui se tenaient en avance d'une journée. Il l'a annoncé sur sa page Facebook, créant une polémique. Il s'en explique :

« Je n'aime pas l'idée de célébrer quelque chose qu'on n'a pas. Les journalistes indépendants ne peuvent pas travailler librement dans le pays. Ils sont harcelés, suivis, visés. Ils ont beaucoup de problèmes de sécurité. Si vous vous montrez critiques, vous êtes considérés comme un ennemi de l'Etat. Je pense qu'il faut que ça s'arrête, qu'on arrive à en parler avec le gouvernement. Pour qu'il laisse les médias indépendants se développer au Rwanda.

Si vous essayez de créer une publication indépendante, personne ne vous achètera de publicité jusqu'à ce que vous publiez des sujets qui collent à la vision du Rwanda prônée par le gouvernement. Et de fait, même le secteur privé est contrôlé par l'Etat. Il y a aussi l'attitude d'organisations, comme le programme des Nations unies pour le développement (Pnud), qui prétendent donner de l'argent aux journalistes pour soutenir la liberté de la presse. Mais cet argent va directement au gouvernement qui le distribue à ceux qui reprennent le point de vue du gouvernement. Ce qui est aussi mauvais. »

La critique est acerbe. Mais Bob Mugabe se dit « prêt à affronter toutes les situations. Je ne crois pas que la liberté vous sera donnée comme un cadeau. Des gens doivent se battre pour ça et peuvent même en payer le prix. »

Fred Muvunyi est le président de la Commission rwandaise des médias (RMC), qui a plusieurs fois ce dernières semaines pris la défense de confrères en difficulté. Lui estime que des progrès ont tout de même été réalisés au cours de l'année écoulée. Exemple : la création de l'organe qu'il dirige.

« Depuis l'année dernière, il y a eu des progrès remarquables en ce qui concerne la régulation. La loi sur les médias a été modifiée. De plus, nous avons créé un organe de régulation qui permet aux médias eux-mêmes et pas au gouvernement de contrôler ce que fait la presse. Donc pour nous, avoir la Commission rwandaise des médias, c'est déjà un pas vers la liberté de la presse pour laquelle nous nous battons depuis plusieurs années. Il y a aussi la loi d'accès à l'information qui oblige les officiels à se mettre à disposition de la presse. Ca aussi, c'est un progrès.

Mais il y a aussi des défis. Il y a toujours des membres du gouvernement qui veulent s'ingérer dans les affaires des médias. La censure est encore trop forte. Les journalistes ont toujours peur de faire les sujets controversés. Même la police continue de mettre des journalistes en prison pour diffamation. Et nous avons demandé au gouvernement de revoir le code pénal et l'article lié à la diffamation. »

Madagascar : une presse aux mains d'intérêts privés

Quelles sont les conditions de travail des journalistes malgaches ? Selon le dernier classement de Reporters sans frontières, Madagascar se situe plutôt dans les bons élèves en matière de liberté de la presse, et se classe 81e sur 180 pays. C'est mieux que des pays comme la Grèce ou la Côte d'Ivoire par exemple.

Ce classement RSF se base sur des critères comme la sécurité physique des journalistes dans l'exercice de leur travail, l'ingérence du pouvoir en place dans leur travail ou encore le degré d'auto-censure. Mais à Madagascar, si la liberté d'opinion est réelle - il suffit de regarder les unes des journaux qui s'affrontent chaque matin -, la réalité est plus complexe.

Les organes de presse appartiennent tous à des hommes politiques ou des opérateurs économiques qui défendent leurs intérêts. Mais surtout, les journalistes sont sous-payés. Une large partie (parfois la moitié) de leur salaire mensuel vient des « indemnités de déplacement », une enveloppe d'argent que leur remettent les ministères et les entreprises, systématiquement, après chaque conférence de presse.

On appelle cette enveloppe « la felaka », littéralement « la gifle ». Tous les journalistes contactés disent la même chose : ils sont obligés d'acceptés cette enveloppe, parce qu'ils sont sous-payés. Le salaire d'un journaliste, y compris dans les grand journaux, varie de 50 à 100 euros par mois, grand maximum. Une journaliste raconte que cette enveloppe est faite pour influencer ses articles, mais qu'en réalité, sa liberté d'expression s'arrête où commence les intérêts de son patron.

Joint par téléphone, Rocco Rasoanaivo, président du syndicat des journalistes, et lui même directeur du quotidien La Nation le reconnait : la liberté d'expression est soumise aux « caprices » des patrons de presse, qui sont toujours des hommes politiques, des opérateurs économiques, voire les deux. Et selon lui le problème, c'est l'investigation : impossible d'enquêter en profondeur sur certains sujets comme la corruption ou comme les trafics de bois de rose.

Ce journaliste d'un grand quotidien confirme : « même si j'ai été témoin visuel de quelque chose d'illégal qui implique un homme politique ou un opérateur puissant, je ne citerai pas son nom. Parce que ma parole, en face de lui, ne vaut rien. »

■ Amadou Makhta Ba : « Vous ne pouvez pas être indépendant si vous avez faim »

En Afrique, l'un des enjeux principaux est d'ordre économique et salarial. Le salaire étant gage d'indépendance du journaliste. Or, bien souvent, les journalistes africains sont mal payés. Pour Amadou Makhta Ba, président de l'Initiative des médias d'Afrique et co-fondateur de All Africa.Com, la solution peut venir des nouvelles technologies et notamment des supports téléphonies mobiles.

« Il y a des pays où, en fait, le salaire, c’est votre carte de presse. Tout simplement. L’organe de presse ne vous paie pas, mais avec votre carte de presse, vous pouvez avoir accès à des ressources financières . (... ) Le manque de capital de nos organes de presse dans le continent fait que nos médias ne peuvent pas être complètement indépendants : vous ne pouvez pas être indépendant si vous avez faim ». 

Pointant le fait qu’il y a aujourd’hui en Afrique « 700 millions de personnes qui ont accès au mobile », Amadou Makhta Ba plaide pour un travail soit mené entre journalistes et opérateurs de téléphonie mobile « pour que le travail qu’ils sont en train de faire sur les réseaux sociaux puisse être rémunéré d’une façon ou d’une autre à travers ces opérateurs de Télécom, pour que ce travail journalistique extraordinaire qui est fait puisse se faire rémunérer et ainsi puisse être pérenne ».

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