Rapt des lycéennes au Nigeria: la communauté internationale en émoi

Manifestation à Lagos pour demander la libération des lycéennes enlevées par Boko Haram au Nigeria, le 5 mai 2014.
© REUTERS/Akintunde Akinleye

Onze adolescentes supplémentaires ont été kidnappées dans le nord-est du Nigeria par des membres du groupe armé Boko Haram qui a déjà revendiqué lundi l'enlèvement de plus de 200 lycéennes. Des parents ont vu leurs craintes confirmées par une vidéo dans laquelle le groupe menace de les vendre comme esclaves. Depuis l'attaque, elles ont critiqué l'armée qu'elles accusent d'avoir négligé l'affaire. Le président Goodluck Jonathan a accepté l’offre des Etats-Unis d’envoyer une équipe d’experts pour aider à retrouver les jeunes filles. 

Depuis la diffusion, lundi, d'une vidéo de revendication du rapt massif de plus de 200 lycéennes par le chef de Boko Haram, l'émotion s'accentue aussi sur le plan international. Les propos d'Abubakar Shekau menaçant de vendre les adolescentes comme esclaves ont particulièrement frappé : « J'ai kidnappé vos filles pour les vendre sur le marché », explique le leader islamiste en signe de défiance envers l'armée nigériane, incapable de venir à bout de l'insurrection.

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Aujourd'hui au Caire, la mosquée Al-Azhar a appelé Boko Haram a relâcher les lycéennes enlevées il y a trois semaines. Dans un communiqué, cette très haute autorité de l'islam sunnite explique que faire du mal à ces jeunes filles serait « totalement contraire aux enseignements de l'islam et à ses principes de tolérance »

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a également réagi en brandissant la menace de la justice internationale en cas d'esclavage sexuel ou de crime contre l'humanité. Dans un autre registre, l'actrice américaine Angelina Jolie réagit elle aussi. Elle a qualifié l'enlèvement des lycéennes par Boko Haram de « cruauté inimaginable ».

Une équipe américaine de spécialistes des enlèvements à Abuja

Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

Le président Goodluck Jonathan a accepté l’offre des Etats-Unis d’envoyer une équipe d’experts pour aider à retrouver les jeunes filles. John Kerry en a discuté ce mardi avec le président nigérian et c’est donc une équipe américaine de spécialiste des enlèvements qui va s’installer à l’ambassade des Etats-Unis à Abuja. Les Etats-Unis suivent le développement de la crise nigériane depuis l’enlèvement des jeunes filles. La liberté d’action de Boko Haram inquiète Washington. Le mouvement est sur la liste des organisations terroristes publiée chaque année par le département d’Etat.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a donc été chargé par Barack Obama d’organiser l’aide américaine et de proposer l’envoi d’une équipe. Soutien qui a été accepté par le président Goodluck Jonathan.

« Notre ambassade à Abuja est prête à former une équipe de coordination qui peut apporter son expérience dans le domaine du renseignement, de l’investigation, de la négociation dans le cas de prises d’otages ainsi que dans le croisement des informations et l’assistance aux victimes », a indiqué John Kerry.

Il ne faut pas oublier que la communauté nigériane américaine est importante et active. Plus de 200 personnes ont manifesté mardi devant l’ambassade du Nigeria à Washington pour dénoncer « l’inefficacité du gouvernement d’Abuja ». La presse américaine est extrêmement critique sur la conduite de l’enquête et sur le comportement des autorités nigérianes. Cette affaire suscite aux Etats-Unis une forte émotion et génère un réel élan de sympathie envers les familles des jeunes filles enlevées.

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