Mali: l'avion présidentiel provoque des turbulences

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta fait face aux critiques concernant son avion.
© REUTERS/Joe Penney

À Bamako, la polémique enfle au sujet de l'achat d'un avion présidentiel. Les arguments du Premier ministre pour justifier cet achat, alors qu’il existe déjà un avion acquis par l’ancien président Amadou Toumani Touré, ne convainquent pas.

La semaine dernière, pour justifier l'achat d'un nouvel appareil, le Premier ministre malien Moussa Mara avait notamment déclaré devant les députés que l'ancien appareil n'était pas techniquement au point et qu'il était moins char d'acheter un appareil que d'en louer. La première critique est venue d’un responsable du Paréna, un parti de l’opposition malienne. « Le président de la République nous dit que son avion a coûté 17 milliards de francs CFA, alors que le Premier ministre parle de 20 milliards de francs CFA. Où est la vérité ? », s’interroge Djigui Ba Kéita. Réponse cinglante d’une formation de la majorité présidentielle : « C’est de la diversion, tout est clair ».

Tout n’est pas clair, estiment au contraire les journaux maliens. L’Indépendant, par exemple, citant une source proche du dossier, avance que contrairement à ce que dit le gouvernement, l’acquisition d’un nouvel appareil n’était pas nécessaire : le Boeing acheté par l’ancien président Amadou Toumani Touré avait des papiers en règle et est techniquement est au point.

La polémique enfle, et l’homme de la rue se même au débat. « Pour l’honneur du Mali, il fallait acheter un avion », dit un enseignant de Bamako. « Je soutiens la décision du président IBK », avance un Malien de la localité de Kayes. Mais pour Oumar Kanté, habitant à Gao, « le Mali sort d’une grave crise ; on n’a pas tout besoin d’avion présidentiel, mais de moyens pour développer le pays ».