RCA : face aux dérapages, l’ex-Seleka se restructure

Un combattant de l'ex-Seleka à Bria, le 9 avril 2014.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Pendant trois jours, les cadres de l’ex-Seleka se sont réunis à Ndélé, dans le nord-est de la Centrafrique. Venus de toutes les régions où le mouvement est encore présent, ils se sont entendus sur la création d'un nouvel état-major. Une nécessité dictée par les récentes attaques ou exactions commises par des éléments incontrôlés.

Le nouveau patron militaire de l’ex-Seleka s'appelle Joseph Zoundeko. Originaire de la Vakaga dans l'extrême nord est du pays, il installera ses quartiers dans la préfecture de la Ouaka.

Autour de lui et de son adjoint, le « général » Al Khatim, une vingtaine d'officiers du mouvement, élus par l'ensemble des cadres présents. « Tout s'est passé dans la transparence » se félicite le « général » Issa Issaka, habituellement cantonné à Bangui, mais présent à Ndélé et qui ne figure pas dans la nouvelle équipe dirigeante.

Etablir une chaîne de commandement claire, recenser et cantonner les hommes, des points à l’ordre du jour. « C'est une bonne chose, il est temps de mettre un terme au désordre », commente encore Issa Issaka. Tout le monde a en tête l'attaque, le 26 avril dernier, de l'hôpital de Médecins sans frontières de Boguila, ou plus récemment le très violent accrochage avec les forces française de Sangaris.

Une coordination politique provisoire

« Il y a certains éléments qui se disent Seleka et qui commettent des exactions, qu'ils arrêtent, a déclaré le Général Zoundéko. A partir d'aujourd'hui que je suis nommé, je vais regrouper les hommes par site », explique-t-il à RFI.

Si les autorités de transition savent désormais à qui téléphoner pour les questions militaires, la branche politique a été mise en sommeil à Ndélé. « Il n'y a plus de président, même par interim », explique le colonel Narkoyo, porte-parole adjoint du nouvel état-major. Il faudra attendre une assemblée générale dont la date n’a pas été fixée pour connaître le nom du président de la Seleka et ceux des membres du bureau. Pour l’instant, une coordination politique provisoire a été mise sur pied, avec Abdoulaye Hissène comme coordonateur d'une équipe qui sera en contact avec le gouvernement et les représentants internationaux à Bangui.