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Nigeria: un sommet africain à Paris pour tenter de contrer Boko Haram

Le président nigérian, Goodluck Jonathan, lors du Forum économique mondial à Abuja, le 9 mai 2014.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

François Hollande a proposé hier, dimanche 11 mai, la tenue d'un sommet africain à Paris samedi prochain pour évoquer les questions de sécurité en lien avec Boko Haram. Une annonce qui fait suite à la mobilisation internationale après l'enlèvement de plus de 200 lycéennes par le groupe islamiste au Nigeria.

La réunion doit avoir lieu samedi prochain, le 17 mai, à Paris. Le président français l'a annoncé dimanche lors d'une rencontre avec la presse à Bakou, en Azerbaïdjan. « J'ai proposé, avec le président nigérian Goodluck Jonathan, une réunion des pays limitrophes du Nigeria », a déclaré François Hollande.

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Goodluck Jonathan se rendra bien à Paris, a confirmé le porte-parole du président nigérian, Reuben Abati :

« Le président Hollande a appelé le président Jonathan cette semaine. Au cours de l'entretien, ils ont discuté de la tenue d'un sommet à Paris. Donc, bien entendu, le président Jonathan sera là puisque la France organise ce sommet pour nous venir en aide au moment où nous en avons besoin et pour mettre fin au cauchemard qu'est l'enlèvement de ces lycéennes. »

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Au moins cinq pays africains seront présents pour évoquer les problèmes de sécurité en lien avec l'activité de Boko Haram dans le pays, indique l'entourage de François Hollande : le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin.

Une annonce qui intervient alors que plus de 200 adolescentes sont toujours entre les mains du groupe islamiste, près d'un mois après leur enlèvement. Mais comment la tenue d'un sommet à Paris peut-elle aider à retrouver des lycéennes qui sont retenues en otage, vraisemblablement dans une forêt au nord-est du Nigeria ?

« Le terrorisme - et en particulier les insurgés de Boko Haram - représente une menace transfrontalière, justifie le porte-parole du président nigérian. Souvent, les pays voisins, le Niger, le Tchad, le Cameroun et même le Bénin ont signalé à un moment ou à un autre que des insurgés avaient passé leur frontière et des informations font état que certains insrugés opèrent de part et d'autres des frontières. Donc l'un des objectifs de ce sommet est selon moi de renforcer la coopération qui existe entre nos pays ».

De nombreux pays, de par le monde, ont apporté leur soutien au Nigeria. Après l’intervention de Michelle Obama à la télévision américaine samedi, hier, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a proposé l’aide de son pays pour « localiser » les jeunes filles enlevées. Des équipes américaine, française et britannique sont déjà sur le terrain dans ce but.

La France veut mettre en place une stratégie gloable contre Boko Haram

Les chefs d'Etats des pays voisins ont répondu présent à l'invitation du président François Hollande qui a également convié les Américains et les Britanniques.

François Hollande souhaite associer les deux partenaires anglo-saxons dans cette lutte contre le groupe islamiste Boko Haram « pour agir ensemble et de manière efficace ».

Samedi, outre le Nigérian Goodluck Jonathan, seront présents à Paris le Camerounais Paul Biya, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Tchadien Idriss Deby et le Beninois Boni Yayi. François Hollande veut définir une stratégie globale face à la terreur dans laquelle la secte religieuse a plongé le nord du Nigeria.

Les pays frontaliers sont directement concernés par une contagion à grande échelle du groupe islamiste Boko Haram : le nord du Cameroun est devenu en l'espace de quelques mois une zone de repli pour ces fous d'Allah**. Plusieurs enlèvements se sont produits dans la zone frontalière Cameroun / Tchad. Le Niger est lui aussi confronté à des incursions qui remettent en cause l'équilibre général de régions déjà fragilisées par des situations humanitaires sensibles.

Le président nigérian semble aujourd'hui convaincu que la solution passe par une plus forte coopération régionale. Goodluck Jonathan, qui fin avril n'avait pas donné suite à la proposition d'aide formulée par les Américains et les Britanniques, semble directement associé à cette initiative française.

Selon une source diplomatique, cette idée de mini-sommet est née d'une discussion téléphonique la semaine passée entre François Hollande et son homologue nigérian. Les deux hommes ont d'excellentes relations : fin février François Hollande était l'invité d'honneur des célébrations du centenaire de la création du Nigeria. Paris a par ailleurs l'avantage de connaitre parfaitement les voisins francophones du Nigeria.

** Le ministre camerounais des Affaires extérieures dément que le Cameroun soit « une zone de repli » pour les hommes de Boko Haram. « Notre pays est au contraire victime de ce groupe islamiste et coopère pleinement avec l'Etat fédéral du Nigeria dans la lutte contre Boko Haram », précise-t-il.

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