Au Burundi, la polémique sur le rôle des Imbonerakure se poursuit

Un groupe de jeunes, identifiés comme des militants du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, a bloqué deux journalistes pendant plusieurs heures, vendredi.
© AFP PHOTO JOSE CENDON

Le président du CNDD-FDD a procédé ce mardi 13 mai à un recadrage, après l'interpellation de deux journalistes, vendredi dernier. Notre envoyée spéciale et un confrère de la radio privée RPA avaient été interceptés dans le commune de Marangara, dans le Nord. Une affaire qui relance la controverse autour des exactions des jeunesses du parti au pouvoir, les Imbonerakure.

Le blocage des deux journalistes avait été effectuée par le président du conseil communal issu des rangs du CNDD-FDD au pouvoir, et une bande de jeunes identifiés comme des membres des jeunesses du parti, les Imbonerakure. Pour Pascal Nyabenda, le président du CNDD-FDD, cette affaire ne doit pas se reproduire« Nous déplorons effectivement ce qui s’est passé à Marangara et c’est une leçon pour nous.»Pascal Nyabenda assure vouloir vérifier qu'il y a des endroits où des jeunes peuvent encore se comporter de cette façon là, « parce que dans cette période où nous approchons des élections, nous voulons que toute la population, surtout les leaders des partis politiques, puissent circuler librement, dans tous le pays, pour rassembler leurs membres. Nous voulons que la démocratie que nous prônons dans notre parti, soit une démocratie réelle. »

Les Imbonerakure font trop souvent des missions de police

Pour l’Association burundaise de protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodh), le cas de Marangara est cependant loin d’être unique. Les Imbonerakure font trop souvent des missions de police et vont parfois même jusqu’à mettre eux-mêmes des individus en prison. « Ces jeunes affiliés au pouvoir causent beaucoup de problèmes, affirme ainsi Pierre Claver Mbonimpa, président de l’Aprodh. Nous qui travaillons dans tout le pays, nous avons constaté que beaucoup de gens se plaignent des Imbonerakure. »

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Une situation particulièrement visible dans les lieux de détention et de garde-à-vue, comme dans ces cachots visités par l’organisation dans les communes. « Nous rencontrons quelquefois des gens qui ont été coffrés par des Imbonerakure, poursuit ainsi Pierre Claver Mbonimpa. Même l’officier de police judiciaire ne le cache pas. A ce moment, il ne les interroge pas parce qu’il n’y a pas d’enquête à faire. Mais il marque seulement dans le registre de détention qu’ils ont été amenés par des Imbonerakure. Nous, nous disons que c’est très grave, car seul l’officier de police judiciaire devrait avoir le pouvoir de mettre les gens au cachot. »

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