Affaire Talon: le rôle crucial de la médiation d'Abdou Diouf

Le président du Bénin Thomas Yayi Boni
© Reuters/Afolabi Sotunde

Le président béninois a annoncé qu'il accordait son pardon à l'homme d'affaires Patrice Talon et à tous ses complices présumés. Patrice Talon est accusé d'avoir fomenté un complot en 2012 pour éliminer le chef de l'Etat et d'avoir préparé un coup d'Etat en février 2013. Thomas Boni Yayi explique avoir pris cette décision à la suite d'une médiation menée par l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, à l'initiative du président français François Hollande. Médiation à l'issue de laquelle, a-t- il dit, Patrice Talon a exprimé « ses regrets ». 

En janvier dernier, c'est en effet François Hollande qui a invité les deux parties de négocier. Le président français a également proposé un médiateur de choix : Abdou Diouf. Le secrétaire général de l'Organisation Internationale de la Francophonie a ensuite choisi un fin connaisseur du Bénin pour mener les tractations : Hugo Sada.

Première étape pour cet ancien directeur des Affaires politiques de l'OIF : obtenir de Patrice Talon une lettre dans laquelle il s'engage vers la réconciliation et reconnaît notamment qu'il a pu faire du tort à Thomas Boni Yayi. Ce sont d'ailleurs des extraits précis de ce courrier que le président du Bénin à cité hier à la télévision :

« Je vous informe que Monsieur Patrice Talon a adressé à son excellence, le président Abdou Diouf, une correspondance dans laquelle il regrette sincèrement et profondément le fait qu’il ait pu nuire, d’une manière ou d’une autre, au président de la République dans sa tentative de défense de ses intérêts. Il dit aussi regretter l’activisme politique qui a été le sien durant cette situation et s’engage à y mettre fin ».

→ A (RE)LIRE: Bénin: Boni Yayi accorde son pardon à Patrice Talon

Pour la présidence du Bénin, dans cette lettre, Patrice Talon reconnaît clairement qu'il a cherché à déstabiliser l'Etat et demande donc le pardon de Thomas Boni Yayi. Une interprétation rejetée par le camp Talon. Ses avocats, mais également la médiation rappellent que les deux termes : « déstabilisation » et « pardon » n'apparaissent pas dans le courrier.

Pour l'entourage d'Abdou Diouf, si les bases de la réconciliation sont posées, il faut désormais entrer dans les dossiers et régler les différends judiciaires et économiques entre Patrice Talon et Thomas Boni Yayi.

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