Camille Lepage: témoignage du militaire qui a trouvé son corps

La journaliste française Camille Lepage à Damara (RCA), à 70 kilomètres au nord de Bangui, le 21 février 2014.
© AFP / FRED DUFOUR

Dans quelles circonstances notre consœurCamille Lepage a-t-elle été tuée en Centrafrique ? Que s’est-il passé lors de son reportage aux côtés des anti-balaka ? Des enquêtes sont en cours. Les envoyés spéciaux de RFI en RCA ont pu se rendre brièvement, samedi 17 mai, à Bouar, dans la localité où le corps de Camille a été ramené après sa découverte par la force Sangaris. Ils ont rencontré, en compagnie de ses officiers, l’adjudant Yannick, qui a contrôlé le véhicule dans lequel se trouvait la dépouille de notre consœur. Voilà ce qu’il leur a expliqué de la façon dont les faits se sont déroulés.

« J’étais en patrouille en direction de Gallo, raconte l’adjudant Yannick, de la force Sangaris. Arrivé sur Gallo, j’ai reconnu une piste qui partait au sud, en direction d'Abba. Sur cette piste, je suis tombé sur un 4x4 accompagné de quatre motos. Des pick-up, on n’en voit pas tous les jours, donc je l’ai arrêté pour le contrôler. Dedans, il y avait quatre anti-balaka. Le responsable du 4x4 est descendu et c’est là qu’il m’a annoncé qu’il y avait cinq corps dans le 4x4, dont celui d’une journaliste française. Ils m’ont dit que ce n’était pas eux, que c’était une bande armée qui était à 80 kilomètres au sud de là où j’étais. Ils venaient pour ramener les corps au dispensaire de Gallo. Forcément, j’ai quand même été vérifier s’il y avait bien le corps de quelqu’un de blanc. J’ai juste confirmé en regardant son cou, pour voir si c’était bien une femme et qu’elle était blanche. Après, tout était couvert de draps et de linge, et je n’ai pas voulu voir autre chose. J’ai appelé mes chefs. C’est la gendarmerie de Bouar, avec les éléments de chez nous, qui sont intervenus ensuite pour identifier le corps. »