Madagascar: les acteurs du tourisme veulent «dédiaboliser» Nosy Be

Plage d'Andilana, à Nosy Be, Madagascar.
© GARDEL Bertrand / hemis.fr

La capitale malgache organisait, samedi 17 mai, la troisième édition du plus grand salon du tourisme du pays. Au centre des préoccupations : l'île de Nosy Be, première destination touristique de l'île, mais classée par la France « zone orange », c'est-à-dire « déconseillée sauf raison impérative ». En octobre dernier, un Français, un Franco-Italien et un Malgache s'étaient fait lyncher par la foule, accusés du meurtre d'un enfant. Nosy Be n'a enregistré aucun incident sécuritaire depuis. Des voix s'élèvent dans l'industrie du tourisme pour réclamer la levée de cette « zone orange » sur Nosy Be.

Au salon international du tourisme, le classement de l'île de Nosy Be en « zone orange »,
par la France commence à être perçu comme injuste, comme l'explique Sehenoniaina Andriamarisolo, numéro 2 de l'office régional du tourisme de Nosy Be : « Il n'y a plus de problèmes d'insécurité. Notre président de la République, quand il vient à Nosy Be, a seulement quelques gardes du corps. »

Une position confirmée par une jeune Malgache, habitante de Nosy Be : « Non, selon moi, ce n'est plus justifié parce que d'abord, la situation s'est calmée, et de plus, les habitants de Nosy Be vivent surtout du tourisme. C'est injuste pour eux de les empêcher de s'épanouir dans ce secteur. »

Madagascar sait fidéliser ses touristes

A ses côtés, sa mère, opératrice dans le tourisme à Nosy Be, va plus loin : « La France a été le pays qui nous a colonisés, qui nous a aidés dans notre maturité. Et c'est elle qui nous pénalise alors qu'elle devrait nous supporter. Comment se fait-il que l'Italie qui fait partie de l'Europe, qui est consciente des dangers des voyages, n'ait jamais en aucun cas mis l'île en "zone orange" ? »

Le tourisme est le deuxième plus gros secteur de l'économie à Madagascar après les mines. 220 000 touristes environ par an, c'est peu, comparé à l'île Maurice par exemple, qui frôle le million. Et pourtant... « 90 % des touristes qui viennent à Madagascar ne rêvent que d'une chose : de revenir. Deux tiers d'entre eux reviennent effectivement, ce qui est tout à fait exceptionnel », assure Richard Bohan, consultant en tourisme à Madagascar.