RCA: nouvelles divisions à la tête du mouvement anti-balaka

Sébastien Wénezoui a été désigné coordonnateur des anti-balaka par plusieurs chefs jeudi dernier.
© Laurent Correau

Le mouvement anti-balaka en Centrafrique n’a jamais été très structuré. Différents hommes se sont disputés le rôle de « coordonnateur » général. A la suite d’une réunion qui a eu lieu jeudi dernier en banlieue de Bangui, à Bimbo, un nouveau nom vient d’émerger, celui de Sébastien Wénezoui, un anti-balaka basé au camp de déplacés de Mpoko. Cet homme dit avoir été porté à la tête du mouvement, mais son principal rival, Patrice Edouard Ngaissona, parle de mascarade.

De nos envoyés spéciaux à Bangui, Boris Vichith et Laurent Correau

Après avoir marché entre les tentes de fortune du camp de déplacés de Mpoko, il se glisse sous l’une d’elles, et s’installe sur une chaise artisanale. Sébastien Wénezoui explique qu’il a été désigné nouveau « coordonnateur général» des anti-balaka lors d’une réunion qui a eu lieu jeudi dernier à Bimbo en banlieue de Bangui. Il affirme remplacer le précédent coordonnateur, Patrice Edouard Ngaissona.

« Monsieur Ngaissona n’est plus le coordonnateur général des anti-balaka, affirme Sébastien Wénezoui. On l’a pris au début comme un responsable politique mais il y a un problème : nous ne voulons pas que notre mouvement prenne une tournure politique. Notre mouvement avait un but, qui était de faire partir Djotodia du pouvoir, et cet objectif a été atteint. Nous voulons garder notre crédibilité, nous ne sommes pas des politiciens. La première chose que nous envisageons de faire, c’est de chercher à réconcilier le milieu musulman et le milieu chrétien. »

Le chef anti-balaka annonce qu’il souhaite travailler à une déclaration conjointe entre Seleka, anti-balaka et représentants de la communauté musulmane pour appeler à une cessation des hostilités. « Chaque chef, précise-t-il, doit contrôler ses éléments sur le terrain. Je les appelle à se comporter de manière responsable. Un élément des anti-balaka qui agresse un musulman, nous serons obligés de le remettre à la gendarmerie. »

Depuis son fief de Boy-Rabe, Patrice Edouard Ngaissona dit avoir gardé la place de coordonnateur du mouvement. © Laurent Correau

« Mascarade », selon Ngaissona

L’étoile de Patrice Edouard Ngaissona est-elle en train de décliner ? Installé sur la terrasse de sa maison, dans son fief de Boy-Rabe, l’intéressé affiche une attitude de mépris vis-à-vis des conclusions de cette réunion qui, dit-il, a été « une mascarade ». « Sébastien (Wénezoui, ndlr) n’est rien dans les anti-balaka, clame-t-il. Le mouvement a décidé de faire exclure Sébastien. On essaie de le ramener à la raison mais il s’entête. Je suis toujours le coordonnateur des anti-balaka. »

Le chef anti-balaka tend le communiqué qui prononce l’exclusion de son rival. Le texte, daté de ce dimanche, est signé par 36 membres de la coordination du mouvement. Il insiste sur les risques de conflit interne que cette situation fait peser.

De ces deux chefs, lequel est le plus représentatif ? Difficile à dire pour l’instant. Cette rivalité rend en tout cas un peu plus complexe encore la recherche d’interlocuteurs pour un processus de paix.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.