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Mali

Mali: à Kidal, la tension loin d’être retombée

Des soldats de la Minusma montent la garde devant le gouvernorat de Kidal, le 15 novembre 2013.
© REUTERS

Au Mali, chaque camp s'accuse mutuellement de provocation après les violences du week-end à Kidal. La visite du Premier ministre Moussa Mara dans le fief des rebelles touaregs a dégénéré. « Une déclaration de guerre » pour le chef du gouvernement malien. Ce lundi soir, les rebelles ont tout de même libéré près de 30 fonctionnaires qu'ils retenaient en otages.

La formule est banalisée, mais selon des témoignages joints par RFI, on assiste à un calme précaire depuis dimanche soir à Kidal. Chacun est resté dans son camp. Les soldats maliens sont à l'intérieur du camp 1 des forces armées (Fama). Ils patrouillent aussi aux alentours immédiats de cette zone. L'armée malienne a reçu des renforts ces dernières heures. Et ce lundi matin, des tirs à la mitrailleuse lourde auraient été entendus près de leur position. Côté groupes armés, ils sont toujours à l'intérieur du gouvernorat qu’ils ont attaqué samedi soir. Ils sont aussi positionnés autour de ce périmètre. Les soldats de la force onusienne, la Minusma, patrouillent en ville et observent le respect du cessez-le-feu.

Ce cessez-le-feu a été conclu dimanche soir, lorsque le chef militaire de la Minusma s'est rendu à Kidal pour rencontrer les deux parties. Le général rwandais Kazura a fait la navette entre les Fama et les chefs militaires et politiques des groupes armés. Les deux parties ont donc accepté de respecter un cessez-le-feu, qualifié par tout le monde de « précaire ».

A (RE)LIRE : Moussa Mara: «L’attaque de Kidal est une déclaration de guerre»

Le bilan des affrontements de ce week-end est lourd, même s’il diverge en fonction des parties. Le gouvernement malien évoque 36 morts et une trentaine d'otages retenus dans les locaux du gouvernorat depuis samedi soir. Ce lundi matin, au micro de RFI, le Premier ministre a indiqué que huit personnes avaient été froidement exécutées dans les locaux de ce gouvernorat par les groupes armés. Moussa Marra précise qu'il s'agit de deux préfets, de deux sous-préfets, d'un administrateur du gouvernorat et de trois civils.

Côté MNLA, on parle d'une vingtaine de morts, des sous-officiers et officiers supérieurs maliens et des administrateurs civils. On évoque une quarantaine de personnes capturées, dont des civils et des militaires. Enfin, le MNLA dément avoir exécuté certains de ces prisonniers. Selon eux, les préfets et sous-préfets ont été tués par les tirs durant l'assaut du gouvernorat.

Face à cette situation, sur le plan diplomatique, cela s’active à Bamako. On parle beaucoup du côté de la Minusma avec une réunion au sommet qui se tient ce lundi, mais dont les teneurs n’ont pas encore filtré. Moussa Marra a par ailleurs annoncé que le chef de l'Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, allait s'exprimer dans la journée, probablement ce lundi soir. Dans la journée, les rebelles touaregs ont libéré près de 30 fonctionnaires qu'ils retenaient depuis ce week-end.


■ Paris réclame la libération des otages

Rien de saurait justifier de tels actes alors que tous les efforts doivent tendre au dialogue et à la réconciliation.
Romain Nadal
19-05-2014 - Par Olivier Rogez

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