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Guinée Bissau

Guinée-Bissau: José Mario Vaz élu nouveau président

Jour de vote dans le quartier de Cupilum à Bissau, le dimanche 18 mai 2014.
© Carine Frenk

En Guinée-Bissau, José Mario Vaz, candidat du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), le principal parti du pays, a remporté le second tour de l’élection présidentielle avec 61,90% des voix, selon des résultats provisoires publiés, ce mardi 20 mai, par la Commission nationale électorale. Il était en lice face à Nuno Gomes Nabiam, qui a obtenu 38,10% des suffrages. Les partisans de José Mario Vaz ont aussitôt célébré sa victoire.

« Vive Jomav, vive la Guinée-Bissau ! » Des milliers de partisans de José Mario Vaz, dit « Jomav » ont laissé éclater leur joie ce mardi soir dans un concert de klaxons. Après avoir remporté la majorité absolue à l’Assemblée nationale, le PAIGC remporte donc la présidentielle. C’est une double victoire qui semble inquiéter les adversaires de ce parti.

Nuno Nabiam ne semble pas vouloir reconnaître sa défaite. Il a déclaré que les résultats annoncés par la Commission nationale électorale ne correspondaient pas aux résultats de sa direction de campagne.

Autre question qui se pose, celle de savoir quelle sera l’attitude de la haute hiérarchie militaire. Au sortir d’une audience avec le président de la transition, le général Antonio Indjai, chef d’état-major général actuel de l’armée, a levé la main de Jomav en signe de victoire. « C’est un geste important mais est-il sincère pour autant ? », s’est interrogé un partisan du nouveau président.

L'ONU optimiste

De son côté, José Ramos Horta, prix Nobel de la paix et représentant spécial de l’ONU en Guinée-Bissau, se dit confiant. « Des contacts ont été pris avec les chefs militaires ; le message de la communauté internationale est passé. Il faut maintenant que les Bissau-Guinéens dialoguent ensemble, se mettent ensemble, pour construire ensemble leur pays », a-t-il déclaré.

Les observateurs et la population civile comptaient beaucoup sur ces élections présidentielle et législatives pour ramener la stabilité en Guinée-Bissau. L'histoire de ce pays ouest-africain est jalonnée par une longue série de coups d'Etat depuis son indépendance en 1974.

« Jomav » sera-t-il l’homme de la situation ? Ses partisans en sont convaincus et rappellent ses qualités de bon gestionnaire et sa fermeté. José Mario Vaz a gagné ses lettres de noblesse à la mairie de Bissau pour avoir mis de l’ordre dans la maison et comme ministre des Finances de 2009 à 2012. Ce qui pose problème est sa proximité avec Carlos Gomes junior, l’ancien Premier ministre renversé en 2012. Celui-ci s’était attiré la colère de la haute hiérarchie militaire parce qu’il avait notamment fait venir l’armée angolaise pour servir de contreforce, rappelle le politologue Fafali Koudawo.

« Jomav », s’il veut durer, va devoir ouvrir le jeu, prendre ses distances avec Luanda et Lisbonne et conduire la réforme de l’armée en douceur. Sera-t-il un homme de dialogue, aura-t-il le sens du consensus. « Ce n’est pas quelqu’un de rond, souligne un expert. Et c’est pour cela que son arrivée à la magistrature suprême peut susciter quelques méfiances ». L’autre problème qu’il va devoir gérer concerne les divisions internes au sein du PAIGC. « La Guinée-Bissau est un petit pays, souligne Fafali Koudawo, mais qui a beaucoup de problèmes à régler »

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