Niger: colère des étudiants contre l’ANAB

Le directeur général de l'ANAB, Alhassan Gao, accuse, de son côté, les étudiants de malhonnêteté.
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Au moins une dizaine d'étudiants ont été blessés et une vingtaine d'autres arrêtés, au soir du mardi 20 mai à Niamey, capitale du Niger, lors d'affrontements avec les forces de l'ordre en marge d'une manifestation contre des retards dans le versement des subventions sociales de l'Etat. Les étudiants s'en sont pris aux locaux de l'ANAB, l'Agence nigérienne des allocations et des bourses.

Dix mille étudiants nigériens bénéficient, en théorie, d'une subvention annuelle de 150 000 francs CFA qui est un geste destiné à ceux qui ne perçoivent pas de bourse. Cette année, l'Agence nigérienne des allocations et des bourses a revérifié près de 3 000 dossiers. C'est le retard pris dans ces travaux qui a énervé un groupe d'étudiants.

« Ces camarades remplissant les critères d’attribution de l’aide sociale, donc de la subvention, n’ont pas vu leurs noms affichés. Quand on a constaté cette situation, on a envoyé notre secrétaire chargé des Affaires académiques et sociales à l’ANAB s’enquérir de la situation. Mais le directeur général de l’ANAB l’a fait sortir par la Garde nationale qui l’a même frappé et qui a donc porté atteinte à son intégrité physique », a affirmé, à RFI, Hassan Arifa, porte-parole de l'Union des étudiants nigériens de Niamey.

Le directeur général de l'ANAB, Alhassan Gao, accuse, de son côté, les étudiants de malhonnêteté. Selon lui, les 3 000 dossiers en souffrance étaient sur le point d'être traités et les étudiants le savaient. « C’est une situation d’incompréhension parce que moi-même, jusqu’à présent, je me pose la question quant à leurs motivations. Au moment où ils avaient manifesté, les documents qui devaient servir à leurs paiements – c'est-à-dire les états de paiement – étaient tous émargés et transmis devant le responsable, à savoir le comptable de l’Etat qui devait les payer », a-t-il affirmé.