Mali: trois groupes armés à Kidal acceptent un accord de cessez-le-feu

Le président mauritanien Abdel Aziz et son homologue malien Ibrahim Boubacar Keita, à Bamako, le 22 mai 2014.
© AFP / HABIB KOUYATE

Le chef de l'Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l'Union africaine, s'est rendu ce vendredi à Kidal, où il a rencontré les représentants des groupes du nord du Mali. La réunion, qui a duré plusieurs heures, se solde par un accord de cessez-le-feu signé par les deux partis : groupes armés et gouvernement malien.

C'est un accord de cessez-le-feu en cinq points qui a pris effet dès la signature de toutes les parties. Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a signé pour Ibrahim Boubacar Keïta - avec son accord -, en compagnie de représentants militaires des trois groupes armés : Mohamed Ag Najim pour le Mouvement national de libération de L'Azawad (MNLA), Cheick Ag Haoussa pour le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et Brahim Ould Handa pour le  Mouvement arabe de l'Azawad (MAA).

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En recevant à Bamako son homologue mauritanien, après la signature de ce document, l’air grave, le président malien, IBK a insisté : « Ce n’est que par le dialogue que l’on peut résoudre cette crise avec nos frères. »

Cessation des hositilités

Les négociations ont été complexes, elles ont duré quatre heures et demi. Plusieurs fois, selon des participants, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est sorti, sans doute pour téléphoner au président malien. Concrètement - c'est le second point de cet accord de cessez-le-feu - les parties conviennent de la cessation immédiate des hostilités sur toute l'étendue du territoire national et acceptent de revenir à l'accord préliminaire de Ouagadougou pour une reprise immédiate des négociations.

Autres points : les parties conviennent de la libération des prisonniers et s'accordent pour faciliter le travail des humanitaires des Nations unies ou d'autres partenaires.

Positions figées en attente des négociations

Enfin, le dernier point est très important : les parties s'accordent sur la mise en place d'une commission d'enquête internationale sur les évènements récents, à commencer par ceux de Kidal. Selon nos informations, IBK souhaitait un retour aux positions de l'armée malienne et des groupes du nord à la date du 17 mai, c'est-à-dire avant la visite du Premier ministre Moussa Mara à Kidal. Demande rejetée par les mouvements du nord du Mali, qui gardent donc leurs positions à Kidal et dans les autres villes de Ménaka et d'Ansongo. « Ce n'est pas un accord politique mais militaire, c'est un premier pas pour aller aux négociations », a confié Mohamed Ag Najim, le chef du MNLA, à RFI.

« Il s’agit d’un accord sur un cessez-le-feu. Il ne s’agit pas d’un accord sur le règlement du conflit qui oppose l’Azawad au gouvernement du Mali », insiste Mossa ag Attaher, porte-parole du MNLA. « Il s’agit de mettre fin à la violence, il s’agit de ramener le calme dans les zones qui ont été touchées par les affrontements. » Sur le plan militaire, donc, Mohamed Ag Najim insiste : « Il s’agit pour chaque partie de cesser le feu dans les parties qu’elle occupe. Il ne s’agit pas de céder une quelconque position. »


Laurent Fabius a pour objectif « la désescalade des violences »

Interrogé par RFI après la signature de cet accord entre toutes les parties, le ministre française des Affaires étrangères a plaidé pour une rerpise rapide du dialogue. Pour lui, la solution est « d’une part qu’il y ait la fin des exactions et - c’est un premier domaine dans lequel il y avait des discussions, entre d’un côté ce qu’on appelle la Minusma, de l’autre le président de l’Union africaine et quelques autres éléments -, pour que le MNLA puisse rendre un certain nombre de possessions. »

Laurent Fabius plaide également pour que « le gouvernement malien – c’est sa responsabilité – discute effectivement avec les groupes du nord. Pas, bien sûr, avec les groupes terroristes, mais avec les groupes du nord ». « C’est ça l’objectif que nous poursuivons : le seul objectif raisonnable, c’est d’un côté désescalade des violences, arrêt des violences, et de l’autre, discussion entre le gouvernement et les groupes du nord », résume le ministre français.