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France Rwanda

Le parquet requiert un procès pour deux Rwandais génocidaires présumés

Les cercueils de victimes du génocide de 1994, dans l'église catholique de Nyamata.
© Reuters/Noor Khamis

Le parquet de Paris a requis le 13 mai le renvoi en procès devant les Assises de deux Rwandais - Octavien Ngenzi et Tito Barahira - pour leur participation présumée génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Les juges d'instruction français doivent désormais se prononcer sur la mise en accusation pour « génocide » et « crimes contre l'humanité » des deux hommes.

Les réquisitions de renvoi devant les Assises d’Octavien Ngenzi et Tito Barahira pour « génocide » et « crimes contre l’humanité » datent du 13 mai dernier, mais elles n’ont été rendues publiques que ce vendredi 23 mai, l’Agence-France-Presse ayant obtenu l’information de source judiciaire. Les deux hommes sont actuellement incarcérés en France. Octavien Ngenzi, un agronome de 56 ans, a été arrêté à Mayotte, où il se trouvait sous une fausse identité, en 2004. Tito Brahira, âgé de 62 ans, lui, a été interpelé à Toulouse, où il vivait, en avril 2003. Tous les deux ont été bourgmestres de la ville de Kabarondo, dans l'est du Rwanda, de 1997 à 1986 pour Barahira et de 1987 à 1994 pour Ngenzi, et sont accusés par le parquet d’avoir utilisé leur « influence considérable » en tant que notables pour « une mise en œuvre rapide de la politique génocidaire ».

Le massacre du 13 avril 1994

Si les juges suivent les réquisitions et renvoient les deux hommes devant les Assises, ce serait le deuxième procès en France sur le génocide rwandais, après celui de Pascal Simbikangwa, condamné à 25 ans de prison le 15 mars dernier. Mais « ce procès aura un tout autre visage que celui contre Pascal Simbikangwa dans lequel, malheureusement, nous n’avions pas de victime désignée », souligne Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, qui est à l’origine de la plainte qui a débouché sur les réquisitions du parquet.

→ A (RE)LIRE : Génocide rwandais: Simbikangwa condamné à 25 ans de prison

Dans ce dossier, Octavien Ngenzi et Tito Barahira « sont en particulier accusés d’avoir participé, eux-mêmes, au génocide. D’une manière plus précise encore concernant le massacre qui a eu lieu dans l’église de Kabarondo », ajoute Alain Gauthier.

Le 13 avril 1994, des centaines de personnes, essentiellement des Tutsis, avaient été tuées dans cette église où elles avaient trouvé refuge. Dans le dossier, « il y a des témoignages véritablement accablants », insiste Alain Gauthier qui fait état « d’une dizaine de témoins dont certains seront parties civiles ». Des témoins qui accusent notamment Octavien Ngenzi et Tito Barahira d'avoir participé au tri entre Hutus et Tutsis.

→ A (RE)LIRE : « Je raconte mon calvaire chaque semaine » - le témoignage d'Augustin, rescapé du massacre du 13 avril à Karabongo

« Cette journée-là, c’était horrible. Cette odeur de sang mêlé à celle des explosifs… Pas de doute, j’ai connu mon apocalypse », racontait à RFI Augustin, qui avait 5 ans le 13 avril 1994 et se trouvait dans l'église, où sa soeur a été tuée par une grenade. Il est parvenu à s'enfuir, sans sa famille, et vit désormais en France, à Rennes.

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