Une vente d'art pour aider à préserver les manuscrits de Tombouctou

Pour protéger les manuscrits de Tombouctou, l'Unesco estime avoir besoin d'un budget total de 6 millions d'euros.
© Photo Alida Boye / Unesco

Une cinquantaine d’artistes, dont certains très connus ont accepté de donner chacun une œuvre qui sera vendue lors d’une vente aux enchères, ce samedi à l’Hôtel Drouot, à Paris. Les fonds collectés aideront à la conservation des milliers de précieux manuscrits sauvés en 2012-2013 de la folie destructrice des islamistes qui occupaient alors Tombouctou.

« Twenty Bucks a Box » - « 20 dollars la boîte ». C'est le nom de cette vente exceptionnelle organisée ce samedi par le Fonds Culturel Art et Ouvrages et l'UNESCO. Il s'agit, avec les fonds récoltés, d'acheter des boîtes de conditionnement spéciales à 20 dollars chacune pour mettre les manuscrits à l'abri de l'humidité et du temps qui passe. En 2012-2013, des bibliothécaires et anonymes ont risqué leurs vies pour sauver ces trésors promis à l'autodafé des islamistes et les exfiltrer progressivement de Tombouctou occupée.

L'Unesco a besoin de 6 millions de dollars au total

Quelque 360 000 manuscrits se sont ainsi retrouvés à Bamako. L'Unesco, qui a mis en place un plan de préservation, estime avoir besoin de 6 millions de dollars au total, y compris pour leur numérisation. Pour y contribuer, une cinquantaine d'artistesont donc chacun offert une ouvre à mettre aux enchères. Le photographe Yann Arthus-Bertrand est l’un d’entre eux. Il explique pourquoi il a choisi de rejoindre cette initiative : « J’ai vécu beaucoup de moments heureux de ma vie dans cette région, autour de Tombouctou. J’ai fait des rencontres formidables. Et en même temps, dans toutes ces régions où les constructions sont en terre, puisque tous ces bâtiments s’abîment avec la pluie, faut les entretenir, énormément de choses ont disparu. Ce qu’il reste de leur culture, c’est surtout l’écriture. Donc, vraiment, je pense que ces manuscrits ont une importance formidable. J’ai donné une photo avec plaisir. »

Outre cette photo de Yann Arthus-Bertrand, un village des rives du fleuve Niger vu du ciel, il y a également un cliché du photographe Malick Sidibé, ou encore ce mot de Ben, blanc sur fond noir : « Je pars pour Tombouctou ». Des œuvres dont la valeur est estimée de 200 à 17 000 euros, pour sauvegarder un trésor inestimable.