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Gabon

New York Forum Africa: quel est son apport concret pour le Gabon?

Le président gabonais, Ali Bongo Odimba, et son homologue rwandais Paul Kagame, lors de l'ouverture du New York Forum Africa, à Libreville, le 23 mai 2014.
© Photo DR / NYFA

La troisième édition du New York Forum Africa à Libreville, au Gabon, se termine aujourd’hui. Ce sommet économique international a réuni près de 1 500 participants, sur fond de critiques d’une partie de la société civile gabonaise. Dans un pays où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, on ne voit « aucune réalisation concrète sur le terrain ».

Pour cette édition 2014, le thème du New York Forum est « la transformation du continent ». Une transformation qui doit être menée par la jeunesse africaine, à laquelle a été consacrée la première journée du Forum. On y a présenté une « étude d'opinion » qui démontrerait l'« optimisme des jeunes Africains ». Selon cette étude, réalisée en ligne auprès de 5 000 internautes, 90 % des jeunes Africains estiment que leur niveau de vie sera meilleur que celui de leurs parents.

Le défi est colossal. D’après les derniers chiffres de la Banque africaine de développement datés de 2012, l’Afrique est le continent le plus jeune au monde, avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans. Or, 60 % de l’ensemble des chômeurs africains sont des jeunes. Un tiers des participants au Forum ont entre 25 et 35 ans, ils évoquent souvent les mêmes problèmes : les difficultés d’accès aux études supérieures, aux visas, pour étudier à l’étranger, ou encore à l’emprunt pour monter une entreprise.

La société civile en quête de réalisation concrète

En parallèle du New York Forum, des opposants mènent leur propre Forum et pose, quant à eux, cette question : « Plutôt que d’organiser un sommet sur la jeunesse le gouvernement gabonais ne ferait-il pas mieux d’investir cet argent dans sa jeunesse ? »

Organisé par l’homme d’affaires français Richard Attias, à la demande de la présidence gabonaise, le New York Forum Africa a coûté 5 millions de dollars, d’après le gouvernement gabonais. Bien trop cher pour ce que l’évènement apporte au Gabon, selon certains membres de la société civile.

→ A (RE)LIRE : Ouverture polémique du New York Forum Africa au Gabon

Dans le quartier d’Okala, au siège de l’association Brain Forest, les Indignés du Gabon tiennent leur contre-forum. Pour Blanche Simonny Abeghe, la présidente du collectif, le Forum organisé par Richard Attias n’apporte rien aux Gabonais. « Il a pu tenir la première édition. Il a tenu la deuxième édition, et nous, nous ne voyons aucune réalisation concrète sur le terrain », accuse-t-elle. « On met [Richard Attias] au défi de venir nous dire quelle réalisation concrète on peut voir au Gabon. Ce sont des donneurs de leçons. Personne ne fera le Gabon à notre place. Surtout en nous mettant de côté, comme ils le font. Il y a combien de Gabonais qui participent à ce Forum ? »

Richard Attias affirme « bâtir la confiance »

Plus de la moitié des participants viendraient du Gabon, d’après l’organisation du New York Forum Africa. Quant à l’intérêt de ce sommet, Richard Attias l’expose : « Qu’est-ce que ça apporte ? D’abord de bâtir la confiance entre des investisseurs potentiels et un pays. De grands décideurs économiques, américains, sud-américains, turcs, russes, ont découvert le Gabon, ses potentialités, son leadership. Et ces relations, ensuite, se transforment en contrat. Il faut apporter des solutions », affirme l’homme d’affaires français. « C’est bien le tout de dire : 'oh la la, ce leader est un salopard, la personne qui organise ça doit dégager'. C’est stérile », dénonce-t-il également.

→ A (RE)LIRE : Fin du New York Forum Africa 2013 au Gabon: des espoirs et des aigreurs

La valeur des contrats signés au Forum en 2013 s’élève 600 millions de dollars, d’après les organisateurs. Reste à savoir si ces contrats se traduisent en emplois. Au Gabon, le taux de chômage est de 20% et un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté.

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