Malawi: recomptage des bulletins de vote de l’élection présidentielle

La présidente Joyce Banda vote dans son district natal de Malemia, le 20 mai 2014.
© REUTERS/Eldson Chagara

Le Malawi va finalement faire recompter les bulletins de vote après l’élection présidentielle contestée du 20 mai. La présidente Joyce Banda, donnée battue, a tenté en vain de faire annuler le scrutin. Elle dénonce une série de dysfonctionnements et de fraudes. Sa décision d'annuler les élections a été dénoncée par le candidat arrivé en tête, selon les résultats partiels. Le président de la commission électorale du Malawi a, quant à lui, refusé l'annulation du scrutin et décidé, lundi26 mai au soir, de geler provisoirement les résultats pour procéder à un recomptage d'ici trente jours.

Lors d'une conférence de presse, le président de la commission électorale du Malawi a assuré qu'un recomptage des voix serait effectué dans 58 bureaux de vote. Ces derniers ont enregistré plus de 100% de participation. Cependant, pour beaucoup cet engagement ne suffit pas car quatre mille bureaux étaient ouverts le jour de l'élection.

Dans le principal quotidien du pays, le Nyasa Times, les éditorialistes demandent que les responsables de ce marasme politique soient désignés et les fraudeurs punis.

A ce jour, la commission électorale du Malawi n’a publié que les résultats de 31% des bureaux de vote et le scrutin a connu des ratés spectaculaires. Dans certains bureaux, par exemple, il y a eu jusqu'à dix heures de retard, et dans d’autres un dysfonctionnement du système informatique de comptage.

La présidente Joyce Banda, arrivée deuxième, selon les résultats contestés, a, quant à elle, tenté en vain de faire annuler le scrutin, proposant un nouveau vote sans sa candidature.

Anciennement vice-présidente du pays, Joyce Banda est devenue chef de l'Etat sans élection suite au décès du président Bingu wa Mutharika, en avril 2012. C'est le frère de ce dernier, Peter Mutharika, qui est en tête des résultats partiels contestés.

Pour le spécialiste de la région, Jeffrey Smith du Centre Robert Kennedy, les prochains jours devraient se révéler décisifs pour la crédibilité de ce recomptage, et c'est la société civile qui est la mieux placée pour faire pression sur les dirigeants du Malawi.