Nigeria: nouvelle attaque de Boko Haram dans l’Etat de Borno

Le président nigérian, Joodluck Jonathan, a promis, ce jeudi 29 mai, une « guerre totale » contre Boko Haram.
© REUTERS/Afolabi Sotunde/Files

Au Nigeria, on ne l'a appris que ce jeudi 29 mai, des combattants du groupe islamiste armé Boko Haram ont tué hier trente-cinq personnes dans trois villages du nord-est du pays, dans l'Etat de Borno, proche de la frontière camerounaise. Ce jeudi, le président nigérian Goodluck Jonathan a promis une « guerre totale » contre le groupe islamiste armé.

Des dizaines de membres de Boko Haram juchés sur des véhicules tout-terrain et des motos ont attaqué les villages de Gumushi, Amuda et Arbokko. Ils ont ouvert le feu sur les habitants et incendié les maisons avec des cocktails Molotov.

Le bilan est pour l’instant de 35 morts mais, selon des civils de Gumushi, il serait bien plus élevé. Ces derniers parlent de 42 morts dans cette seule localité.

Cette annonce intervient alors que le président Goodluck Jonathan s’exprimait à la mi-journée dans le cadre d’un discours pour le « Democracy Day ». La journée rappelle la fin des seize ans de dictature militaire et la date correspond également à l’élection de Jonathan, il y trois ans.

« Je suis déterminé à protéger notre démocratie en faisant une guerre totale au terrorisme », c’est par ces mots que le président nigérian a marqué ces commémorations.

« Notre cher pays, le Nigeria, se retrouve face à un nouveau défi. C'est une guerre qui nous a été déclarée. Des éléments extrémistes étrangers qui collaborent avec des citoyens mal orientés tentent de rabaisser notre pays ainsi que notre chère liberté et notre chère démocratie que nous célébrons aujourd'hui. L'acte méprisable de l'enlèvement de nos écolières de Chibok, dans l'Etat du Borno, a attiré l'attention du monde entier sur la brutalité cruelle de ces terroristes qui veulent nous faire tomber dans l'anarchie et balkaniser notre nation. Sans nul doute, ce dont nous sommes témoin au Nigeria aujourd'hui est une menace de la même nature, féroce et tordue, que l'attaque qui a fait tomber les tours jumelles de New York. Nous ne pouvons laisser cela continuer », a déclaré le président du Nigeria, Goodluck Jonathan.

L'armée nigériane dit intensifier ses efforts pour faire libérer les 219 adolescentes enlevées il y a plus d'un mois, alors que l'attention internationale est braquée sur la lutte contre la secte Boko Haram depuis plusieurs semaines.

Mais dans le pays, les critiques de Jonathan restent nombreux. Ainsi, pour Jason Mosley, chercheur au Centre d’études africaines de l’Université d’Oxford, « le gouvernement Jonathan a commis l’erreur de gérer la menace comme un problème national pendant près de dix ans, parce que le PDP, au pouvoir, ne souhaite pas d’intervention extérieure, mais la stratégie a largement échoué », a-t-il déclaré.

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