Tunisie: beaucoup d'interrogations après l'attaque de Kasserine

Pour le ministre de l'Intérieur Lofti Ben Jeddou, l'assaut est une «vengeance» après «une série de succès» des forces de l'ordre tunisiennes dans la lutte antiterroriste.
© REUTERS/Stringer

Encore beaucoup d'interrogations en Tunisie après l'attaque armée contre le domicile du ministre de l'Intérieur à Kasserine dans la nuit de mardi à mercredi. Quatre policiers qui surveillaient le bâtiment ont été tués et deux autres blessés. Une journée de deuil national a d'ailleurs été décrétée. Derrière ses murs, la famille de Lotfi Ben Jeddou n'a pas été touchée. La sécurité a été renforcée dans cette région du nord-ouest du pays car les assaillants ont pu s'enfuir. Bien que cette attaque n'ait pas été revendiquée, le gouvernement a déjà des suspects.

Avec notre correspondante à Tunis, Camille Lafrance

Parmi les suspects de l'attaque de Kasserine, l'un d'eux a combattu au Mali, assure le ministre de l'Intérieur, Lotfi Ben Jeddou. Un autre a participé à l'embuscade qui a coûté la vie à 8 soldats, mutilés sur le mont Chaambi près de Kasserine en juillet 2013. On ne connaît pas le nombre exact des assaillants, de 15 à 20, dont des terroristes algériens d'après le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis en charge des affaires terroristes, cité par l'agence TAP. La cellule serait liée à al-Qaïda.

Nombreuses zones d'ombre

Pas de précisions sur la manière dont ces assaillants, toujours en fuite, ont été identifiés. Les zones d'ombre sont nombreuses. Toujours selon la même source, ils seraient venus du mont Salloum, près du mont Chaambi, une zone pourtant classée militaire. Comment ont-ils pu encore atteindre le domicile du ministre situé près d'un poste de la garde nationale ?

Intimidation ?

S'agit-il d'une véritable tentative de meurtre ? Ou d'une tentative d'intimidation, le ministre ne se trouvant pas à Kasserine au moment de l'attaque. Les autorités évoquent une « vengeance », après une série d'arrestations et d'attentats déjoués dans le pays mais rappellent leur détermination à lutter contre le terrorisme.