Libye: deux gouvernements pour un pays

Ahmed Miitig a été confirmé au poste de Premier ministre lors d'une réunion du Parlement tenue secrète. Mais les forces de «l'opération dignité» ne reconnaissent pas son gouvernement.
© REUTERS/Ahmed Jadallah

Suite à l’offensive lancée par le général à la retraite Khalifa Haftar le 16 mai dernier, le flou persiste en Libye. Baptisée « opération dignité », cette dernière offensive a pour but officiel de « purger » le pays des « groupes extrémistes ». Le pays a désormais deux gouvernements puisque le gouvernement sortant refuse - pour l’instant - de céder le pouvoir au nouveau gouvernement, élu lors d’un vote très contesté.

En Libye, la confusion continuait à régner jeudi. Deux Premiers ministres ont chacun réuni leur conseil des ministres, selon l’AFP. Mercredi, le chef du gouvernement sortant, Abdullah al-Thanni, a annoncé qu’il maintenait son cabinet et s’en remettait à la justice pour déterminer s’il cédait le pouvoir au nouveau gouvernement d’Ahmed Miitig. Ce dernier avait été élu lors d’un vote très contesté au début du mois.

Réunion secrète

En effet, cet homme d’affaires de Misrata est soutenu par les islamistes et certains indépendants. Environ 90 députés s’étaient réunis dimanche et 83 avaient voté en faveur du gouvernement qu’il proposait.

Le lieu de la réunion a été tenu secret jusqu'au dernier moment car les forces alliées au général Khalifa Haftar avaient annoncé que si le Parlement se réunissait, il deviendrait une cible légitime. Pourtant aucune attaque n’a suivi cette annonce. Les forces de l’« opération dignité » ont annoncé en revanche qu’elles ne reconnaissaient pas ce nouveau gouvernement. Et parmi elles, les hommes qui bloquent les terminaux pétroliers depuis l’été dernier.