Nigeria: l’insoutenable attente des familles des lycéennes enlevées

Mères des jeunes lycéennes enlevées par Boko Haram, le 14 avril, lors d'une réunion avec le gouverneur de l'Etat de Borno, le 22 avril 2014.
© REUTERS/Stringer

Au Nigeria, les autorités sont revenues sur leur décision d'interdire les rassemblements du mouvement «Bring back our girls» (Ramenez nos filles) dans la capitale, Abuja. Ce mouvement vise à accentuer la pression sur le gouvernement pour qu'il redouble d'efforts afin de faire libérer les jeunes filles de Chibok. Quelque deux cents lycéennes sont aux mains de Boko Haram depuis le 14 avril.

Un responsable de l'armée nigériane avait affirmé, la semaine dernière, que les jeunes filles avaient été localisées. Ces propos ont immédiatement été mis en doute par des responsables américains qui ont déployé des équipes civiles et militaires au Nigeria et au Tchad voisin pour aider le pays à libérer les lycéennes. Depuis, aucune information n'a été communiquée. Les familles des jeunes filles continuent de vivre dans l'angoisse.

Angus Ndirpaya participe tous les jours aux rassemblements « Bring back our girls » à Abuja, en tant que membre de l'association des anciens de Chibok, à Abuja. Il est aussi directement concerné car la fille de son oncle – entre autres filles des membres de sa famille - figure parmi les lycéennes kidnappées, le 14 avril.

« Je suis de Chibok. Les filles de plusieurs membres de ma famille figurent parmi les lycéennes kidnappées. Et je suis en contact avec ses parents. Ils ont presque renoncé à l'espoir car quelles que soient les initiatives prises pour les libérer, elles n'ont abouti à aucun résultat. Donc les parents sont résignés et ils s'en remettent à Dieu - et à Dieu seul - pour faire libérer leurs filles car cela fait cinquante et un jours ! Si des actions sérieuses avaient été décidées dès le début, on n'en serait pas là. Nous traversons tous une période traumatisante et vous ne pouvez pas imaginer ce que vivent les parents. C'est tellement triste », témoigne Angus Ndirpaya.

A l'attente et à l’angoisse, insupportables, s'ajoute aussi l’insécurité pour les parents eux-mêmes. Boko Haram a réduit en cendres deux villages des environs de Chibok ces quinze derniers jours ; les forces de sécurité nigérianes ne sont pas intervenues.