La liberté de la presse en question au Bénin et en Côte d’Ivoire


© Getty images/Pham Anh Tho

Reporters sans frontières vient de réagir à la suspension de 2 émissions sur une chaîne de télévision privée béninoise. Cette suspension a été décidée par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, à la suite d’une lettre que la ministre ivoirienne de la Communication, Affoussiata Bamba Lamine a écrit le 14 mai dernier à son homologue béninois, Komi Koutché. La missive informait M. Koutché que Canal 3-Bénin avait violé « les principes sacro-saints d’équilibre de l’information, du respect des règles d’éthique et de déontologie qui régissent la profession ».

Devoir de vérité et Devoir de vérité actu, les deux émissions de Canal-3 Bénin épinglées sont consacrées, pour la première, à la lecture du camp de Laurent Gbagbo des crises que la Côte d’Ivoire a connu depuis 2000, particulièrement de 2002 à 2011. La seconde aux activités du FPI actuellement à l’intérieur du pays et à l’extérieur. Des programmes diffusés fin février 2014. Et dès le mois de mai, les autorités ivoiriennes ont dépêché des missions au Bénin pour tenter de mettre un terme aux deux programmes de Canal-3 Bénin, avant la lettre de la ministre de la Communication à son homologue béninois.

« Ingérence »

Affoussiata Bamba Lamine accuse la chaîne privée de saper « les efforts de réconciliation et de cohésion sociale d’Alassane Ouattara ». Selon elle, le chef de l’Etat ivoirien subit des attaques en règles dans les émissions citées. Tout en reconnaissant le « caractère partisan » des deux programmes et leur « présentation partiale des faits », le secrétaire général de Reporters sans frontières, Christophe Deloire, rappelle dans un communiqué que cela ne justifie pas « une telle ingérence dans l’audiovisuel privé d’un pays voisin ».

Courrier assumé

La ministre ivoirienne de la Communication dit assumer le contenu de la lettre qu’elle a adressée à son homologue béninois. Elle affirme qu’elle ne lui a pas demandé de suspendre les deux émissions qui dérangent, malgré l’avant-dernière phrase du courrier, qui demande au ministre Komi Koutché, « d’user des mesures » dont il dispose « pour y mettre un terme ».

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