Le FPI en colère de n’avoir pas pu rencontrer Simone Gbagbo

Simone Gbagbo en 2009.
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

En Côte d’Ivoire, le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo, est en colère. Alors qu’une délégation de ce parti devait rencontrer en principe ce vendredi après-midi à Odienné, dans le nord du pays, Simone Gbagbo, l’épouse de l’ancien chef de l’Etat, les autorités l’en ont empêché invoquant des problèmes de sécurité.

« C’est une situation grave dans ce contexte de décrispation et de normalisation », a déclaré Pascal Affi N'Guessan, le chef du FPI, lors d’une conférence de presse à Touba, une ville qui se situe à 150 kilomètres au sud d’Odienné. Après avoir tenté d’obtenir le sauf-conduit pour rendre visite à Simone Gbagbo jusqu’à tard la nuit dernière, le président du FPI a donc été contraint de renoncer à l’étape d’Odienné et de rester dans la région du Bafing, où il termine une tournée d’une semaine.

Manœuvre du pouvoir pour le FPI

Il a souligné que c’était la quatrième fois qu’on lui refusait l’accès d’une localité à forte implantation du Rassemblement des républicains de Côte d'Ivoire (RDR), le parti du président Ouattara. Cela signifie, selon Pascal Affi N’guessan, que le parti au pouvoir ne veut pas s’engager complètement dans le processus de normalisation et de réconciliation.

L’ancien Premier ministre a insisté pour dire que ce ne sont pas les habitants d’Odienné qui sont contre sa visite à Simone Gbagbo, mais plutôt le parti au pouvoir qui organise l’hostilité et les mouvements de ces militants, « une façon d’empêcher l’opposition d’exister là où elle a peu d’audience ». Le président du FPI demande au pouvoir de prendre ses responsabilités et de veiller à ce que la libre circulation des leaders politiques ne soit plus entravée sur l’ensemble du territoire.

C'est le parti au pouvoir qui organise l'hostilité.
Pascal Affi-Nguessan
07-06-2014 - Par Stanislas Ndayishimiye

De son côté, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné, explique que c'est bien la situation sur place, tendue du fait des souffrances passées endurées par la population, qui bloque le passage de la délégation du FPI.

Il ne s'agit pas d'une décision prise par le gouvernement.
Bruno Koné
07-06-2014 - Par Mélissa Chemam