RDC: une trentaine de morts dans des violences communautaires

Mutarule est située à environ 50 kilomètres au sud de Bukavu, tout près de la frontière avec le Burundi.
© Latifa Mouaoued/RFI

En République démocratique du Congo, une attaque dans la nuit de vendredi à samedi a fait au moins 34 morts, dont 9 enfants, et 27 blessés selon les autorités. Des hommes armés ont pris d'assaut Mutarulé, dans la province du Sud-Kivu. Selon plusieurs sources, ces violences sont d'origine communautaire. Il s'agirait d'une vengeance après un vol de bétail.

C'est l'histoire d'un simple vol de bétail qui se termine en massacre. Tout commence vendredi lorsqu'un chef local maï-maï dérobe six vaches à une communauté vivant à Mutarulé. Celle-ci se venge et fait appel à des miliciens venus du Burundi, pour s'emparer de 80 têtes de bétail appartenant à l'ethnie du chef maï-maï.

Dès lors, c'est l'engrenage. Une fusillade éclate entre miliciens et Maï-Maï. Puis la violence se déchaîne. En soirée, des hommes armés pénètrent dans Mutarulé. Ils tuent des fidèles installés dans l'église protestante, des habitants dans leurs maisons, et même des patients du centre de santé.

Victimes tuées à l'arme blanche

Les victimes sont abattues, mais aussi tuées à l'arme blanche, parfois égorgées, et même brûlées, selon un membre de la société civile ayant vu les cadavres. L'assaut sème la panique. Des habitants se réfugient dans les villages voisins. « Ils sont partis par peur, mais beaucoup veulent aussi se venger », confie un témoin, pour qui des représailles sont inévitables. Hier soir, les corps étaient alignés dans la rue, en attendant d'être enterrés.

« Ce sont des actes inacceptables. On ne peut pas imaginer qu’aujourd’hui des choses pareilles se passent, déplore le ministre provincial de l'Intérieur, Jean-Julien Miruho. Que les gens s’entretuent comme des animaux, ce n’est pas normal. Une trentaine de personnes ont été tuées lâchement… Je ne sais pas si les auteurs de ces actes ignobles réalisent les dégâts et le désastre qu’ils créent au sein de la population congolaise ».

Deux personnes arrêtées

Jean-Julien Miruho avoue qu'il lui est difficile de comprendre qu'il existe des gens qui considèrent qu’ils n’ont que cette voie-là pour régler les différends. Et il avertit que ceux qui seront identifiés pour avoir pris part au massacre de Mutarule seront traduits devant la justice.

Le ministre provincial de l'Intérieur a annoncé l'envoi de renforts sur place pour appuyer les forces de l'ordre. Aujourd’hui, dimanche 8 juin 2014, il se rendra sur place à la tête d'une commission d'enquête. Les assaillants de la nuit n'ont pas encore été identifiés. Pour l'instant, deux personnes ont été arrêtées. Un commandant de compagnie de l'armée, pour ne pas avoir agi au moment où la fusillade a éclaté dans la nuit. Et un jeune ayant proféré des menaces après le vol de bétail.