Algérie: manifestation à Alger contre l’exploitation du gaz de schiste

Forage de gaz de schiste.
© Getty Images

L'Algérie exploitera bien le gaz de schiste, qui existe en quantité importante dans ses sous-sols du Sahara. Le président Abdelaziz Bouteflika a officiellement autorisé cette exploitation le 21 mai dernier. Mais dans le pays, on dénonce l’absence de concertation et les trop grands risques écologiques. Des manifestations ont été organisées cette semaine. Samedi 7 juin, dans l'après-midi, une trentaine de personnes se sont rassemblées à Alger. Reportage.

« Non au gaz de schiste, l’Algérie n’est pas à vendre ! ». Les militants ne sont pas nombreux, mais les slogans poussent les passants à s’arrêter. Premier argument des manifestants : exploiter le gaz de schiste va polluer les nappes phréatiques et les autorités n’en tiennent pas compte.

« J’ai vu des tables rondes à la télévision. Les spécialistes ont tous dénoncé cette exploitation de gaz de schiste et ils sont tous contre, et je ne sais pas pourquoi notre gouvernement s’entête », s'interroge Abdelkrim, 57 ans, venu de Tizi Ouzou.

Depuis la réélection du président Bouteflika, plusieurs gouvernements étrangers, dont les Etats-Unis, ont accéléré des négociations sur des dossiers énergétiques. Ce qui pousse les manifestants, comme cette jeune femme de 27 ans, à accuser Alger de vendre le gaz de schiste aux Occidentaux au mépris des intérêts du pays : « La souveraineté de l’Etat, avant même qu’elle soit violée par les Occidentaux, elle est violée par nos propres dirigeants qui veulent vendre nos richesses à des puissances qui, elles-mêmes, ont refusé l’exploitation du gaz de schiste sur leurs propres terres. Est-ce que la vie humaine n’a pas la même valeur partout sur la planète ? »

Le Premier ministre a voulu couper court aux critiques. Il a affirmé jeudi devant le Parlement que « l’eau utilisée pour extraire le gaz du schiste serait récupérée et traitée » et que les produits chimiques étaient « les mêmes que ceux utilisés dans les couches pour bébés ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est attendu à Alger ce dimanche, en début d’après-midi, pour une visite officielle de deux jours. Parmi les dossiers qu’il doit évoquer avec plusieurs ministres algériens, celui justement du gaz de schiste. Laurent Fabius avait en effet annoncé fin 2012 qu’Alger et Paris signeraient un accord permettant des recherches françaises sur le territoire algérien dans le domaine de l'exploitation des gaz de schiste.

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