Burundi: Pierre-Claver Mbonimpa restera en prison jusqu’à son procès

La cour d’appel de Bujumbura, au Burundi, a décidé de maintenir Pierre-Claver Mbonimpa en prison jusqu’à son procès.
© martin ennals award / capture d'écran

Au Burundi, le président de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodh), Pierre-Claver Mbonimpa, va finalement rester en prison jusqu'à son procès. Telle est la décision de la cour d'appel de Bujumbura contre le président de l'Aprodh.

Ce défenseur des droits de l’homme avait été arrêté le 15 mai dernier après avoir dénoncé notamment l'existence présumée de formations militaires de jeunes burundais en République démocratique du Congo ainsi que l'enrôlement, en territoire congolais, de Burundais pour le compte d'un groupe dissident du FNL.

Human Rights Watch (HRW) se dit très déçue par cette décision de maintenir en détention Pierre-Claver Mbonimpa. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme, il s'agit d'un message très dur adressé à toute la société civile et aux médias, au Burundi, pour « tenter de les museler avant les élections de l'an prochain ».

De leur côté, les avocats de Pierre-Claver Mbonimpa ne cachent pas leur déception mais ne baissent pas les bras. Même si officiellement il n'y a pas de recours judiciaire possible, ils espèrent convaincre le ministère public de libérer leur client.

Cette décision montre que les juges qui l’ont rendue n’ont pas été impartiaux, parce que la défense avait donné des arguments convaincants qui militaient en faveur de la liberté provisoire de Monsieur Mobonimpa. […] Nous allons continuer à montrer au ministère public qu’il n’y a pas de charges suffisantes contre Pierre-Claver Mbonimpa, qui devrait être libéré.
Maître Armel Niyongéré
09-06-2014 - Par Sonia Rolley

 La France et les Etats-Unis restent vigilants

Deux réactions officielles au sein de la communauté internationale. Les Etats-Unis se disent inquiets et avoir fait part de cette inquiétude au ministère burundais de la Justice. Washington appelle Bujumbura à respecter la procédure et les droits de Pierre-Claver Mbonimpa.

La France, par la voix du porte-parole du quai d'Orsay, dit également suivre avec attention cette situation. « Nous restons notamment vigilants s’agissant du respect, par la justice burundaise, du principe des droits de la défense et du droit à un procès équitable, explique Romain Nadal. Paris réaffirme son soutien à l'action des défenseurs des droits de l’homme, partout dans le monde ».