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Nigeria

Nigeria: violents affrontements après la nomination de l’émir de Kano

Sanusi Lamido Sanusi, ex-gouverneur de la Banque centrale, nouvel émir de Kano, au Nigeria.
© Reuters/Stefan Wermuth/Files

Tension à Kano, principale ville du nord du Nigeria où des affrontements entre partisans et opposants au nouvel émir ont éclaté ce lundi 9 juin. D’après nos informations, ces affrontements ont fait un mort, selon un bilan provisoire. Dimanche, c'est l'ancien gouverneur de la Banque centrale nigériane, Sanusi Lamido Sanusi, qui a été nommé pour succéder à Ado Abdhullahi Bayero, émir depuis 1963. Mais depuis sa mort, vendredi, une querelle s'était engagée entre Aminu Ado Bayero - fils aîné de l'ancien émir - et Sanusi Lamido Sanusi pour prendre la place du défunt.

« Nous ne voulons pas de Sanusi ! ». C'est ce que scandaient les centaines de manifestants réunis dimanche soir à Kano. Partisans d’Aminu Ado Bayero, ils contestent la nomination de Sanusi Lamido Sanusi à la tête de l'émirat.

En réponse à ces manifestations, ce sont des supporters de Sanusi Lamido Sanusi qui ont défilé ce lundi dans les rues. S'en sont suivis des affrontements entre les deux camps. Il n’y avait aucun soldat sur place et ce sont des agents de la circulation ainsi que des policiers de la Hisbah, la police des mœurs, qui auraient tenté de ramener le calme.

Entre les deux prétendants à la succession de l'émir défunt, c'est le gouverneur de la ville, membre de l'APC, la principale force d'opposition du pays, qui a tranché lui-même.

Il a donc choisi l'ancien gouverneur de la Banque centrale nigériane, limogé en février par le président Goodluck Jonathan au détriment d’Aminu Ado Bayero, soutenu, lui, par le parti au pouvoir.

Un allié de taille pour l'opposition

Banquier de carrière, Lamido Sanoussi a fait de la corruption son principal cheval de bataille. Son action au Nigeria, en faveur de la stabilisation de la monnaie notamment, a été saluée par de nombreux économistes nigérians et étrangers. Le magazine Time l'avait même inclus en 2011 dans sa liste des 100 personnalités les plus influentes du monde.

En février dernier, Lamido Sanusi, alors gouverneur de la Banque centrale nigériane, accuse la puissante compagnie pétrolifère nationale de détournement de fonds publics. Aussitôt limogé par le président Goodluck Jonathan, il s'attire des inimitiés politiques, notamment au sein du Parti démocratique populaire (PDP) au pouvoir. Il se défend en accusant à son tour l'entourage du président de malhonnêteté. S'en suivent alors quelques mois de silence.

Mais aujourd'hui, c'est en chef religieux que Lamido Sanusi revient sur la scène nigériane. A 52 ans, il devient l'un des leaders musulmans les plus vénérés du pays. Un allié de taille pour l'opposition nigériane en vue des prochaines élections de 2015.

Mais le guide spirituel sera avant confronté à l'insurrection menée par Boko Haram qui déstabilise le nord du pays.

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