Republier
RCA Seleka

RCA: amorce d’un futur dialogue national

Discours de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza, aux membres du Conseil national de la transition, à Bangui, le 6 mai 2014.
© AFP / ISSOUF SANOGO

En République centrafricaine (RCA), depuis ce mardi 10 juin et pendant trois jours, un panel de personnalités centrafricaines se réunit à huis clos pour discuter et faire des propositions. Quel cadre pour ce futur dialogue qui s'étalera sur plusieurs mois ? Quelle feuille de route pour la réconciliation ? Catherine Samba-Panza, présidente de transition, lance un nouvel appel à la paix.

C’est par un nouvel appel à la paix que la présidente Catherine Samba-Panza a ouvert cette table ronde. Face à elle se trouvaient trente trois personnalités centrafricaines - issues de la société civile, des mouvements politiques, mais aussi des religieux, des opérateurs économiques et des représentants des groupes armés qui, ensemble, vont discuter à huis clos pendant trois jours.

En réalité, cette réunion vise avant tout à mettre autour d’une même table des gens qui ne se parlent plus forcément. Ainsi, jusqu’à jeudi, ils partageront leurs revendications, leurs analyses et leurs propositions. Au bout de ces trois jours, ils auront dégagé le cadre et les pistes de discussions qui auront lieu lors du futur dialogue national pour la réconciliation.

« Vous devez tracer des voies dans lesquelles le peuple doit se reconnaître », a déclaré Catherine Panza-Samba, à l’ouverture des travaux, balayant également certaines accusations.

« Depuis le 20 janvier, la priorité sécuritaire et l’urgence humanitaire ont semblé occulter les autres préoccupations que sont la réconciliation nationale et le dialogue politique. Il n’en est rien. Il s’agit d’un engagement permanent », a tenu à préciser la présidente Catherine Samba-Panza.

Il s’agit d’une préoccupation que devra mettre en forme le gouvernement de transition dont le réaménagement – annoncé début mai – se fait toujours attendre. 

Enquête prélimnnaire de la CPI

Le bureau du procureur de la CPI n'a pas encore reçu le courrier des autorités de Centrafrique lui demandant de saisir des crimes commis récemment dans le pays, mais cette situation est déjà sous analyse. Amady Ba, chef de la coopération, est conscient de la gravité de ces crimes.

Le bureau a déjà conduit une analyse préliminaire sur ces crimes (…) Nous attendons l’examen approfondi de ce rapport pour voir si nous allons ouvrir une enquête. Mais les crimes commis sont assez graves. Nous sommes au courant de ce rapport des Nations unies. Et dans quelques jours le bureau va se prononcer sur ces crimes là.

Amady Ba
11-06-2014 - Par Maureen Grisot


L'ONU s'inquiète d'une partition de la RCA

Dans son rapport préliminaire, la commission d'enquête de l'ONU exprime une « très sérieuse inquiétude » suite à la réorganisation de la seleka qui a tenu son Congrès à Ndélé les 8 et 9 mai dernier.

Bientôt, l'ONU aura 12 000 hommes déployés en RCA et manifestement, elle n'entend pas laisser le moindre espace aux velléités sécessionnistes. Dans son rapport, la commission d'enquête de l'ONU estime que la selaka qui s'est réorganisée dans ses fiefs du Nord emprunte le même chemin que les Forces nouvelles ivoiriennes en leur temps. La création d'un nouvel état-major, de directions de la gendarmerie et de la police indique clairement une volonté de créer un un gouvernement parallèle pour les régions du Nord, indique l'ONU qui y voit le premier pas vers un séparatisme qui ne dit pas son nom.

Des inquiétudes qui font écho à celles exprimées par le gouvernement de transition. Pour l'instant, les responsables de la seleka nient toute volonté séparatiste.

Pourtant, lors du Congrès de la seleka de mai dernier, les documents d'étapes indiquaient clairement une volonté séparatiste. Par la suite, toute mention en a été rayée dans la déclaration finale, plus politiquement correcte. Mais si elles sont pour l'instant masquées, force est de constater que les tendances sécessionnistes existent bel et bien.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.