Mali: MNLA, HCUA et MAA veulent s’imposer comme uniques interlocuteurs

Un combattant du groupe séparatiste MNLA monte la garde devant l'assemblée régionale de Kidal, le 23 juin 2013.
© REUTERS/Adama Diarra

Les trois principaux groupes armés présents dans le nord du Mali ont lancé un ultimatum aux autres groupes armés présents dans la région, leur donnant un mois pour rallier l’un ou l’autre. L’objectif poursuivi par le MNLA, le MAA et le HCUA est d’être les seuls à la table des négociations face à Bamako.

Dans un communiqué officiel diffusé depuis Alger, le mardi 10 juin et co-signé par le Mouvement national de Libération de L'Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), trois des principaux groupes armés dans le nord du Mali) lancent un ultimatum de 30 jours aux autres groupes armés pour rallier l’un des trois mouvements.

Un ultimatum qu’ils affirment avoir lancé pour faire face, notamment, à la circulation anarchique des armes. Mais à y regarder de plus près, les trois groupes armés ont d’autres objectifs. Ils entendent désormais être les seuls mouvements armés assis à la table des négociations face au gouvernement malien. Il s’agit de reléguer au second plan les autres groupes dissidents, comme concurrents, et ceux qui veulent simplement exister.

Groupes dissidents et concurrents

Parmi les dissidents il y a la Coalition du peuple pour l’Azawad (CPA), dirigée par l’ancien chargé des relations extérieures du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh. Ce groupe, créé en mars dernier, revendique des combattants armés sur le terrain. Une branche dissidente du Mouvement arabe de l’Azawad est également sur le terrain et entend, coûte que coûte, participer aux futures négociations.

Les mouvements d’autodéfense sédentaires se considèrent également comme des acteurs incontournables du processus de paix. Cela fait beaucoup de monde et la médiation devra faire preuve de beaucoup de diplomatie pour ne pas frustrer certains groupes armés.