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Côte d'Ivoire

Avec le procès Gbagbo, la CPI est à un tournant de son histoire

Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas.
© Wikipedia

L’ex-chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo aura donc à répondre de ses actes devant la justice internationale. En effet, après un processus laborieux, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a pu obtenir de la Chambre préliminaire l'aval pour un procès. C'est donc la première fois que la CPI juge un ancien chef d'Etat et face à la montée de la grogne anti-CPI en Afrique notamment, la Cour marche sur une corde raide.

Souvent accusée en Afrique de partialité, d'instaurer une justice des vainqueurs et d'être soumise aux grandes puissances, la Cour pénale internationale n'a pas le droit à l'erreur. Dans l'affaire Gbagbo les faiblesses initiales du bureau du procureur ont été révélées au grand jour il y a un an, lorsque la Chambre préliminaire a demandé au procureur Bensouda de revoir sa copie.

Paradoxalement, c'est la CPI elle-même qui pointait les insuffisances de la CPI. Un exercice qui a d'abord terni la réputation du procureur, mais qui fut au final un exercice de transparence salutaire pour des magistrats qui n'ont que leur professionnalisme à opposer aux critiques.

L’exemplarité comme obligation

Demain, le procès de Laurent Gbagbo se devra d'être exemplaire, si la CPI tient à conserver sa crédibilité. A La Haye, nul ne l'ignore, et nul n'ignore non plus que l'exemplarité ne se limite pas au seul cas Gbagbo. Tant que les auteurs de violences graves commises par l'autre camp ne seront pas inquiétés, la CPI n'aura jamais totalement aux yeux d'une partie du public africain une réputation de stricte neutralité.

Si les juges de La Haye se défendent de toute politisation, ils traitent une matière éminemment politique. Et ne peuvent donc en ignorer les répercussions.

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