Cameroun: à Maroua, l’armée se renforce pour lutter contre Boko Haram

Ville de Maroua, à l’extrême nord du Cameroun.
© Getty Images/Anthony Ham

Au Cameroun, des membres de Boko Haram ont une nouvelle fois attaqué un village à majorité chrétienne du nord-est du Nigeria. De l'autre côté de la frontière, les soldats camerounais patrouillent. D'importants renforts militaires ont été déployés, il y a plusieurs semaines, dans la province de l'extrême nord du pays où des membres du groupe islamistes ont mené des attaques et sont soupçonnés d'avoir constitué des bases arrière.

C’est une ville de Maroua littéralement militarisée qui s’offre au regard du visiteur. La capitale régionale d’extrême nord, dernière grande ville camerounaise à moins de 100 kilomètres de la frontière avec le Nigeria, vit avec la crainte d’une attaque de Boko Haram. Ici plus qu’ailleurs, les autorités civiles et militaires sont sur les dents, l’essentiel des assauts de la secte islamiste s’étant déroulé dans des villages des contrées environnantes.

Surveillance accrue

Dans la ville, un couvre-feu a été instauré par le gouverneur de la région, il prend effet tous les jours à peine la nuit tombée, à 20 heures. L’espace cible des patrouilles qui sillonnent les rues de la ville : les conducteurs de motos accusés d’avoir servi par le passé d’agents de renseignements et opérationnels de Boko Haram. Les parkings de commissariat et les postes de gendarmerie sont ainsi bondés de centaines d’engins, arrachés à tout conducteur qui outrepasse les horaires de circulation imposés par la législation.

Les bâtiments publics, les grandes artères et les grands carrefours font l’objet d’une surveillance accrue. Ici croit-on savoir, l’ennemi peut se trouver partout et nulle part.