RCA: que contient l’accord signé entre la Seleka et les anti-balaka?

Un soldat de l'ex-Seleka prépare un tir de roquette vers des soldats français.
© REUTERS/Goran Tomasevic

A Bangui, lundi 16 juin, Seleka et anti-balaka ont signé un premier document. Un texte qui officialise le début de discussions autour de l'ONG Pareto, qui joue le rôle de médiateur. Eric Neiri Massi a signé au nom de la Seleka, Patrice-Edouard Ngaissona pour les anti-balaka. Les deux parties estiment que c'est un premier pas aller vers un cessez-le-feu. Néanmoins, cet accord reste fragile, car les deux groupes armés sont extrêmement divisés.

Ni les anti-balaka, ni la Seleka ne commentent l'accord signé ce lundi en présence de six membres de chaque mouvement armé. « Ce silence, ça fait partie de la stratégie, indique l'un des participants. Nous voulons que l'information passe auprès des combattants, mais aussi dans les villages sans provoquer de nouveaux troubles. » « Il y aura bientôt, nous espérons d'ici dix jours, une déclaration commune, un appel au cessez-le-feu », ajoute un membre de la partie adverse.

A l'origine de ce premier pas, il y a l'ONG Pareto, Paix réconciliation et tolérance, créée en janvier 2014 par Emile Gros Raymond Nakombo, un homme connu autant sur la scène politique que dans le secteur des affaires. C'est le coordinateur de l'organisation, le Guinéen Béni Kouyaté, qui a été chargé de mener les tractations.

« Samedi dernier, le premier tête-à-tête entre Eric Massi et Patrice Martin Ngaissona a été glacial, mais le travail effectué depuis le mois de mars a porté ses fruits », indique à RFI le médiateur. « C'est une bonne initiative, c'est toujours bon de dialoguer », décrypte un diplomate occidental en poste à Bangui, qui conclut : « Reste à voir si les signataires de ce texte seront capables d'aller plus loin, et surtout de contrôler leurs combattants toujours actifs sur le terrain. »