Madagascar: jouer des percussions pour lutter contre les grossesses

Capture d'écran du site internet de l'ONG Bel Avenir.
© http://blocomalagasy.org

Madagascar a célébré la Fête de la musique samedi 21 juin. A Antananarivo, un carnaval était organisé par l’Alliance française dans les rues de la ville. Dans le cortège se trouvait la Bloco Malagasy un groupe entièrement féminin, composé d’adolescentes et de jeunes femmes qui jouent des percussions brésiliennes.

Avec notre correspondante à Antanarivo, Marie Audran

Les filles de la Bloco Malagasy sont originaires de Tuléar dans le sud-ouest du pays et encadrées par une association, l’ONG Bel Avenir, qui a mis en place des projets éducatifs et artistiques pour venir en aide aux jeunes issus de familles pauvres, en particulier aux filles exposées au risque de grossesse précoce.

Les percussionnistes de la Bloco Malagasy jouent en dansant, tambours colorés portés à la ceinture. Les plus grosses sont des batucada et ces percussions brésiliennes font pourtant une dizaine de kilos. Les musiciennes ont entre 12 et 25 ans et sont élèves à l’école de musique de l’ONG Bel avenir à Tuléar. José Luis Guirao est le fondateur de l’association. Pour lui l’objectif du projet est double : scolariser les filles, mais aussi leur proposer une activité le soir.

« On veut donner aux filles adolescentes de Tuléar quelque chose à faire le soir pour ne pas rentrer dans leur maison où il n’y a rien à faire, et puis qu’elles ressortent tout de suite pour se trouver un petit copain parce qu’il n’y a pas d’autre chose à faire, donc c’est aussi un programme contre les grossesses précoces, explique-t-il. On essaie d’empêcher ça, donner un savoir-faire, une culture et un apprentissage. »

Le groupe compte aujourd’hui 70 membres, et dans quelques jours, 10 d’entre elles partiront au Brésil pour quatre semaines de concerts et de rencontres avec des ONG partenaires, en marge de la Coupe du monde. Toky Florette sera du voyage, c’est elle qui dirige le groupe : « On a des chansons malgaches, on les mélange avec les rythmes brésiliens. On peut chanter aussi en portugais avec des rythmes portugais. On veut montrer ça aux Brésiliens, et on veut avoir aussi quelque chose d’eux pour améliorer notre activité. »