Nouvel enlèvement de femmes au nord du Nigeria

Mère de l’une des 200 lycéennes enlevées à Chibok le 14 avril 2014.
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Un nouveau rapt de femmes et de jeunes filles a eu lieu au Nigeria, dans le nord-est du pays. Plus de 60 femmes et jeunes filles ont donc été enlevées, la semaine passée. Une nouvelle attaque qui risque d'augmenter la défiance des Nigérians contre leur gouvernement, alors qu'Abuja est déjà critiquée pour son incapacité à retrouver plus de 200 lycéennes enlevées, il y a deux mois.

Peu d'éléments circulent pour l’instant sur ce nouveau rapt. Selon un responsable local et un chef de milice joints par l'Agence France Presse, l'enlèvement a eu lieu lors d'une série d'attaques de Boko Haram sur le village de Kummabza, dans l'Etat de Borno, dans le Nord-Est la semaine dernière. Ces attaques se sont poursuivies pendant plusieurs jours, elles ont fait au moins 30 morts et différentes sources disent donc que plus de 60 femmes et jeunes filles ont été capturées par les islamistes.

Ces actes de violence dans l'Etat de Borno sont venus s'ajouter à d'autres attribués eux aussi aux islamistes. Samedi dernier deux villages ont été attaqués et mis à sac. Dimanche, un kamikaze a lancé sa voiture bourrée d'explosifs contre un barrage militaire dans la localité de Gwoza, tuant trois soldats et en blessant trois autres.

Impuissance de l'Etat ?

Beaucoup d'officiels craignent en fait de s'exprimer sur ce nouvel enlèvement au vu de l'émotion créée par le rapt, il y a deux mois, des 200 lycéennes de Chibok. Le sort de ces jeunes filles a provoqué une grande émotion nationale et internationale avec l'apparition du mouvement « BringBackOurGirls » qui demande aux autorités de retrouver les jeunes filles. Le gouvernement nigérian est même visé actuellement par une campagne médiatique qui dénonce son impuissance face aux insurgés de Boko Haram.

Haute tension

Les Nigérians font le constat amer qu'en dépit des 20 000 hommes déployés dans le nord-est du pays, les insurgés de Boko Haram parviennent à poursuivre leurs actions. La tension entre les autorités, les médias et « BringBackOurGirls » est telle que la police a tenté d'empêcher les manifestations quotidiennes à Abuja et que l'armée nigériane commence à fouiller des véhicules de livraison de journaux pour de supposées raisons sécuritaires.